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Tome deuxième.
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DE REGNIER DESMARAIS. 4<v?

Et s'il était vrai que les merveilles du règne d’un prince dussent fairenaître des orateurs et des poètes, au milieu d’un pays barbare, pour-quoi les premiers Ottomans n’en ont-ils point eu, dont le nom ailmérité de parvenir jusqu’à nous ? Je sais bien que l’éloquence ne doit pasêtre renfermée dans les bornes d’une vérité rigoureuse ; mais i( ne fautpas aussi, dans une épître, s’emporter comme ferait un orateur dansla tribune , ou comme un poète dans un ouvrage pindarique.

( z ) ( Tandis que nous nous appliquons.') Voici une période d’uneextrême longueur , et qui n’a en cela nulle proportion avec les autres ,qui sont presque toutes coupées, (/e ne vois pas où est cette périodesi longue, qui finit proprement au mot étrangers. La période un peulonguene commence qu’à ces mots : Et si elle va encore, etc. ,pour finirà ceux-ci, la nation dominante. Mais la longueur n’en est pasexcessive, et d’ailleurs les autres phrases de Vé/ntre ne sont pas assezcourtes pour que celle-ci détonne par sa longueur. )

Il me semble, au reste, qu’il y a quelque chose qui blesse la bien-séance, de représenter dans un même tableau , d un coté 1 Académietravaillant à la composition ou à la révision du Dictionnaire ,et de l’autrele roi à la tête de ses armées.

Mais laissant cela à part, puisque c’est du Dictionnaire qu’on parleet du Dictionnaire achevé , il ne huit pas dire en le présentant : Tandisque nous nous appliquons . vos armes victorieuses l’ont fait pas-

ser, etc. ( Cette critique parait sans fondement ; le présent a ici plusde vivacité et d’expression que le prétérit. )

( aa ) ( Des ornemens que nous avons tâché d’y ajouter. ) Travaillerau Dictionnaire d’une langue, est-ce y ajouter des ornemens ? Tousceux qui font des dictionnaires, ne sont que des compilateurs plus oumoins exacts. On orne, on embellit une langue par des ouvrages enprose et en vers, écrits avec un grand sens, un grand goût, unegrande pureté, une grande exactitude, un grand choix de pensées etd’expressions. Mais on ne peut pas dire que ce soit y ajouter des orne-iuens, que d’en recueillir, d’en définir les mots , et d’en fournir desexemples tirés du bon usage.

(ab) (Tous répandez sur nous.) Ce nous, si on en juge par tousles autres qui sont dans la période piccedcntc , doit s entendre des aca-démiciens. De sorte que dans la rigueur des tci mes, la phrase entières >gnilie que les étrangers sont assujétis aux coutumes de 1 Académie ,dans tout cc que leurs lois leur ont pu laisser de libre. Mais quand »ndlerait l’équivoque de nous, qui est ti'ès-lacilc à ôter , il ne serait peut-•’tre pas aisé de réduire cette pensée a un sens juste cl raisonnable; carla langue d’un pays peut-elle raisonnablement se mettre au rang deschoses que les lois laissent à la liberté des peuples de quitter comme il

leur plaît ?