468 NOTES SUR L’ÉLOGE
(ac) (Quel empressement. ) Tout ceci, quant au sens, ne me paraîtpas assez Jié ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit.
(ad) (C'est ce qui nous répond du succès. ) Qu’cst-cc que le succèsd’un ouvrage ? est-ce simplement de durer long-temps et de passer àla postérité ? Si cela est, tous les mauvais ouvrages qui sont parvenusjusqu'à nous depuis deux mille ans, plus OU moins , ont eu uu grandsuccès. Et que promet-on au Dictionnaire, quand on ne lui prometautre chose? Mais si, par le succès d’un ouvrage, on entend, commeon le doit, le jugement avantageux qu’en l’ait le public après l’avoirexaminé, comment peut-on dixe que l’empressement que la postéritéaura a recueillir les mémoires de la vie du roi, est ce qui répond du suc-cès du Dictionnaire?
(ae) (S’il arrive — qu’il ait le pouvoir de fixer la langue pour tou-jours, ce ne sera pas tant par nos soins que parce que _) C’est-à-
dire, s’il arrive qu’il ait le pouvoir de fixer la langue, ce ne sera paslui qui la fixera. La bonne logique aurait voulu qu’on eut dit : S’il arriveque langue française , telle qu’elle est aujourd’hui, vienne à être fixéepour toujours, ce ne sera pas tant par nos soins que parce que, etc.
(afi) (Nous sommes.) Lorsqu’un particulier écrit à un autre parti-culier , il peut finir sa lettre partout où il veut. Il peut couper tout d’uncoup , et dire, je suis , sans que cela ait aucune liaison de sens avec cequi a précédé. Peut-être même qu’il est mieux d’en user de la sorte , quede s’amuser à prendre un tour pour finir une lettre comme en cadence.Mais il n’eu est pas de même, à mon avis , quand une compagnie écrit auloi. Il faut que tout soit plus compassé, plus mesuré , plus étudié, et quedu moins les dernières choses qu’on a dites aient quelque rapport desens avec la protestation par laquelle on finit ; car une fin brusque , etqui n est liée à rien , marque de la négligence ou de la lassitude ; cl l’unet l’autre blessent le respect. (Le respect exige , du moins aujour-d'hui , que la dernière phrase qui en contient la fiormule, soit séparéedes autres, et même mise A la ligne, comme elle l'est ici. Tel est aumoins l’usage actuel, lorsqu’on écrit à des personnes d’un rang très-supérieur. )
Voici maintenant les remarques critiques de l’abbé Régnier sur l’é-pîlre que M. Charpentier avait laite pour le Dictionnaire de l’Académie-Chacune de ces remarques nous paraît très-juste, si on excepte la der-nière.
Lettre de M. Charpentier au Roi.
S ut k ,
« Quand l’Académie Française apporte son Dictionnaire a» votre majesté (a), c’est un hommage qu’elle vous rend de» votre propre bien. Les grâces continuelles que nous av«i> 5» reçues de votre libéralité et de votre magnificence (b) , ,1<nis