DE REGNIER DESMARAIS. 4%
» ont été si nécessaires pour achever cette entreprise, qu’on» peut dire que c’est votre ouvrage autant que le nôtre. Ce» Dictionnaire est un fidèle portrait de l’état glorieux (c) où est» enfin parvenue la langue française , par les réflexions de tant» de grands hommes qui l’ont employée dans leurs ouvrages,» et principalement par l’attention de votre majesté, qui la» parle avec une pureté et une politesse qui nous font sentir>> qu’on n’y peut plus ajouter de nouvelles grâces. Nous avons» préparé, sire , les matériaux ( d ) qui doivent être employés an» temple de votre gloire. Et ceux qui voudront touçher désor—» mais à vos actions immortelles, trouveront peut-être après» nous (e) plus de facilité à s’eu - expliquer : mais ne nous flattons» point de leur être utiles (f ), si la noblesse de leur génie ne» les élève au-dessus de nos méditations. Pourrons-nous leur» suggérer des ternies assez forts pour atteindre à ces idées» héroïques (g) qui ont porte notre bonheur au-delà de notre» espérance, et qui ont changé en mieux la face de l’univers ?» La foi chrétienne prêcliée jusqu’au fond des Indes (li) par un» effet de votre zèle ; la France purgée de l’hérésie qui l’avait» si long-temps infectée ; la religion catholique victorieuse et11 triomphante ; les pernicieuses maximes d’une fausse valeur>• abolies; la sainteté des lois partout révérée ; l’injustice réduite» à se contenter de faire de mauvais souhaits; la majesté royale» soutenue contre les efforts de la rébellion et de la tyrannie ;» les ennemis de la France vaincus partout ; leurs plus toile:» places foudroyées; les trophées de vos victoires par mer et» par terre élevés dans toutes les parties de l’Europe ; la justice" toujours compagne de vos armes : tout cela, sire, s’offrira enfoule à ceux qui entreprendront de parler de votre majesté." C’est à tracer de fidèles images de ces grands événemens qu’ils*’ s’occuperont. Heureux s’ils trouvent des couleurs assez vives* pour exprimer tant de lumières (f), et s’ils en peuvent sou-» tenir l’éclat sans s’éblouir! De notre côté, sire, nous ren-11 drons de continuelles actions de grâces au ciel ( j ) de nous» avoir fait vivre en un temps où nous sommes les spectateurs“ de tant de merveilles; où nous voyons de nos propres yeux" cet air plus qu’humain (A) imprimé sur votre front, et où11 nous entendons les oracles de votre bouche sacrée , bonheur“ qui nous sera envié de la postérité. Cependant, sire, agréez“ nos profonds respects, jetez un regard favorable sur 1 ouvrage11 que nous présentons à votre majesté , assurés que son appro-’> hatiou (Z) sera la plus glorieuse récompense de nos travaux,” Nous sommes, Sire,
Vos, etc.