DE REGNIER DESMARAIS. 471
qu'on \ient delà lire, fut rejetée par la compagnie, puisqu'elle 11e setrouve point à la tête de l’édition de i6g4- Gu n’y trouve point nonplus celle de Perrault, dont à la vérité on a conservé plusieurs phrases ;et comine l’abbé Régnier nous assure dans ses mémoires que l’Acadé-mie préféra à l’cpître qu’il avait faite, celle dont Charpentier étaitl’auteur, il en faut conclure que Charpentier fut apparemment chargépar l’Académie de composer une troisième épître , où il conserveraitce qui lui paraîtrait de meilleur dans les deux autres. C’est sans doutecelle qu’on lit à la tête de la première édition, et que nous croyonsdevoir insérer ici, afin qu’on puisse la juger, soit en elle-même, soiten la comparant avec les deux dont on vient de lire la critique.
AU ROI.
Sire ,
« L’Académie Française ne peut se refuser la gloire de pu-» blier son Dictionnaire sous les auspices de son auguste protec—» teur. Cet ouvrage est un recueil fidèle de tous les termes et» de toutes les phrases dont l’éloquence et la poésie peuvent» former des éloges ; mais nous avouons , sire, qu’en voulant« travailler au vôtre, vous nous avez fait sentir plus d’une fois» la faiblesse de notre langue. Lorsque notre zèle ou notre» devoir nous ont engagés à célébrer vos exploits, les mots de» valeur, de courage et à’intrépidité nous ont paru trop faibles;» et quand il a fallu parler de la profondeur et du secret i.nnc-» nétrable de vos desseins, que la seule exécution découvre aux» yeux des hommes, les mots de prévoyance, de prudence, et« de sagesse même, ne répondaient qu’imparfaitement à nos" idées. Ce qui nous console, sire, c’est que sur un pareil sujet," les autres langues n’auraient aucun avantage sur la nôtre.“ Celle des Grecs et celle des Romains seraient dans la même“ impuissance, le ciel n’ayant pas voulu accorder au langage11 des hommes des expressions aussi sublimes que les vertus
qu’il leur accorde quelquefois pour la gloire de leur siècle.» Comment exprimer cet air de grandeur marqué sur votre*> front, et répandu sur toute votre personne , celte fermeté” d’âme que rien n’est capable d’ébranler , cette tendresse pour“ le peuple, vertu si rare sur le trône, et ce qui doit toucher“ particulièrement les gens de lettres, cette éloquence née avec” Vous, qui, toujours soutenue d’expressions nobles et précises,” vous rend maître de tous ceux qui vous écoutent, et ne leur’’ laisse d’autre volonté que la vôtre? Mais où trouver des” termes pour raconter les merveilles de votre règne ? Que l’on“ Remonte de siècle en siècle, 011 11e trouvera rien de compa-“ rablc au spectacle qui fait aujourd’hui l’atlenlion de l’uiii-