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Tome deuxième.
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48o ELOGE

mauvaise , dit que l’Académie avait choisi Esope pour rem-placer La Fontaine. Cet Esope n’était pas iudigue d’un pareilhonneur , par les talens académiques qu’il réunissait à un degrépeu commun , par la vivacité de son esprit, fertile en expres-sions fortes et singulières, par une mémoire prodigieuse, aussisûre qu’étendue , et que ceux qui la consultaient ne trouvaientjamais en défaut. Tl n’était pas , dit l’ahhé Massieu , son suc-cesseur à l’Académie, du nombre de ces hommes qui s’imaginent

qu’un grand nom est un privilège d’ignorance _ Il résolut de

porter le savoir aussi loin que ses aïeux avaient porté la valeur...Philosophe et théologien, il semblait que la nature et la religionn’eussent pour lui rien d’obscur ni de caché. Profond dans l'his-toire , on eut dit qu’il avait vécu dans tous les siècles , et qu’ilavait vu toutes les nations.

L’abbé Massieu ajoute que son prédécesseur était plein d’es-time et de zèle pour l’Académie : c’est le sentiment naturel qu’elledoit inspirer à tous ses membres , et qu’elle mérite d’en obte-nir. Mais ce sentiment, quoiqu’elle en connaisse le prix, n’eûtpas été pour l’abbé de Clerembault un titre suffisant d’adoptiondans le sanctuaire des Muses, s’il n’y avait joint tous ceux dontnous venons de faire honneur à sa mémoire. Distingué , il estvrai, par sa naissance , mais privé de toute autre décoration, ilavait besoin, pour justifier le choix de l’Académie, de lui ap-porter, comme il lit, tout le mérite d’un véritable homme delettres. En effet, ni la naissance seule, ni même le simple goûtdes lettres joints à la naissance, ne doivent être des passe-portssuffisans pour ouvrir l’entrée de cette compagnie. Elle doit ren-fermer, si l’on peut parler de la sorte, trois familles différentesd’académiciens ; la première et la plus importante pour elle ,est celle des écrivains célèbres destinés à soutenir aux yeux dela nation et de l’Europe la gloire de l’Académie Française; laseconde , moins brillante , mais non moins nécessaire , est celledes gens de lettres instruits , éclairés , laborieux , utiles par leurassiduité et par leurs lumières au travail journalier dont la com-pagnie s’occupe; la troisième, plus éclatante qu’indispensable»doit être formée d’académiciens respectables par leurs places etleurs dignités, pour faire respecter la compagnie elle-nié» 1 ®à cette multitude nombreuse , éblouie et subjuguée par les dé-corations extérieures , et à qui un cordon eu impose pins qu’c' 1bon ouvrage : encore ces décorations , si frappantes pour 1111certain public, tenteraient peu l’Académie, si ceux qui eu s olltrevêtus n’y joignaient le droit plus réel que donnent à nos,s u j'frages l’esprit, le goût et les lumières. II serait difficü e 1 etrouver place parmi nous pour une quatrième famille, p° l ' r

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