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qui était plus diflicile , avec une femme ambitieuse, puissanteet hère, qui gouvernait le monarque et le royaume , la fameuseprincesse des Ursins, dont le crédit lit rappeler le cardinal d’Es-trées au bout de trois ans. Mais Louis XIV, voulant éloignerde ce rappel toute idée de disgrâce et de dégoût, et d’autantplus satisfait de son ministre que les courtisans de Philippe V/l’étaient moins, lui donna pour récompense l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés , où il acheva paisiblement ses jours avec laconsidération que méritent les dignités et la naissance, quandon y a joint des talens utiles à la patrie.
Le cardinal d’Estrées était entré dans l’Académie dès l’âge devingt-huit ans; son nom était déjà si distingué dans les lettres ,que Chapelain lui fit l’honneur de le placer , avec les écrivainsles plus célèbres qu’il y eût alors , sur la liste qu’il en (it parordre de Colbert. Voici ce qu’on lit dans celte liste au sujet del’évêque de Laon : Il n’a rien imprime ijue Von sache ; niaison a vu de lui plusieurs lettres latines et françaises de la der-nière beauté, et qui jont bien voir qu’il n’est pas seulementdocteur en théologie, mais encore au Parnasse entre les pre-miers.
Cet éloge, dont le ton et la forme pourraient rendre la véritésuspecte, n’était pas aussi exagéré qu’on serait tenté de le croire.A un grand, amour pour les lettres , le cardinal d’Estrées joignaiten effet beaucoup de talens pour les lettres même. Il les cultiva,autant que ses autres travaux le lui permirent, avec la mêmeardeur et le même succès que s’il y eût attaché sa fortune (i).Nous voyons, par les discours prononcés à l’Académie le jourde la réception de l’abbé d’Eslrées son neveu , l’eslime qu’011avait dans la compagnie pour les connaissances et les qualitésacadémiques de l’oncle, qui était présent à la séance. Dans quelstiges, dit M. de Valincourt, dont le défaut n’était pas la llat-lerie, dans quels siècles cet illustre cardinal ne paraît-il pas
avoir vécu? . Grecs, Latins,philosophes,poètes, historiens,
tous lui sont présens ; et lorsque nous les voyons revivre danssa bouche, c’est toujours avec des grâces nouvelles, dont anpeut dire qu’ils lui sont redevables.
Tels étaient les sentimens de l’Académie pour le cardia^d’Estrées. Elle eut le bonheur de le posséder près de soixan teans, et de le voir long-temps à sa tête en qualité de doyen; etquand elle le perdit, elle le pleura connue si elle venait à pc ,,,ede l’acquérir. Puissent tous ses successeurs, dans le décan-' 1 *’’mériter de pareils regrets !
Le cardinal d’Estrées mourut à l’âge de près de quatre-vingt-sep 1ans.. On lui avait adressé, quelques mois auparavant , une pièce 1