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Tome deuxième.
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4{p, ÉLOGE

ce que le roi d’Espagne Philippe IV disait de M. de Turcnnesvoilà un homme qui m'a fait jmsscr de bien mauvaises nuits.11 y paraissait quelquefois aux expressions peu ménagées aveclesquelles Bossuet attaquait son paisible adversaire. Monseigneur,lui répondait l’arclievêque de Cambrai ,pourquoi me dites-vousdes injures pour des raisons ? auriez-vous j>ris mes raisons pourdes injures ^Cependant, quoique victime du zèle de son éloquentantagoniste, il parlait toujours avec éloge des rares talens de ceChrysostôme moderne; et lors même qu’on cherchait à les ra-baisser en sa présence, soit par une aveugle prévention , soit parune basse flatterie , il en prenait hautement la défense. Il est vraique son illustre rival lui rendait la même justice ; car une femmede la cour ayant demandé à l’évêque de Meaux , dans le fort desa querelle théologique avec Fénelon , si cet archevêque avaiten efTet autant d’esprit qu’on le disait : ah! madame, réponditBossuet, il en a à faire trembler.

Soumettant néanmoins cet esprit supérieur aux décisions del’Eglise, non-seulement il publia lui-même , comme tout lemonde sait, la bulle qui condamnait son ouvrage des Maximesdes Saints, mais il voulut laisser à sa cathédrale un monumentdurable de sa soumission ; il lit faire un soleil porté par deuxanges , qui foulaient aux pieds plusieurs livres, sur l’un desquelsétait le titre du sien (4).

Il était alors exilé à Cambrai pour cette affaire du quiétisme;car un évéque, comme tout le monde sait, est appelé parmi non’'exilé , lorsqu’il a ordre de rester dans son diocèse. L'archevêquede Cambrai, bien éloigné d’adopter ce langage , et pénétré dusentiment de ses devoirs , bénit l’heureuse faute qui l’avait enfi"rendu à son église , et regarda comme un bienfait ce que d’auli' 6 ’auraient regardé comme un malheur.

Sa disgrâce à la cour, qui avait commencé par ses opinio" 5mystiques, fut consommée sans retour par son roman de Tél< ! "maque, oit Louis XIV crut voir la satire indirecte de son g» 11 'vernement; ce qui fit dire que la grande hérésie de l'ar chevet] 111de Cambrai était en politique et non pas en théologie. M- l 3Boze lui succéda dans l’Académie Française ; et comme Louis X 1vivait encore , ni M. de Boze , ni M. Dacier qui le reçut, t> o**;rent faire l’éloge du Télémaque. 11 était fait d’avance par la v ’ 01publique, qui ne craint point les rois et qui les juge.

On assure pourtant, ce qui serait bien digne de l’âme fl 0 .’et vertueuse de Louis XIV, que ce prince , sur la fin de sa vlC ’rendit enfin justice à Fénelon , qu’il eut même avec lui u 11 c °inerce de lettres , et que quand il apprit sa mort, il 1° ‘"‘’P 1Pcat-etre les inalheni's fju’ü éprouva dans ses dernières aiin