.V.
ec
ItS
ur
nt
ce
a-
tar
rai
ne
de
ait
dit
de
le
2C.9
îllt
ÏUX
els -
îe;ous J
[UC
du ,tlili ;1res
ou 5
né-
on'
qu c
&
;iV
)St^
jO&
>l)l e
lie ’oi»>'■tli"
i< : ''
DE FÈNÉLON. ’ 4 9 3
avaient tempéré ses idées de gloire et de conquête, et l’avaientrendu plus digne d’entendre la vérité. Fénelon avait prévu cesmalheurs ; il existe de lui une lettre manuscrite adressée ou des-tinée à Louis XIY, et dans laquelle il prédit à ce prince lesrevers affreux qui bientôt après désolèrent et humilièrent savieillesse. Cette lettre est écrite avec l’éloquence et la libertéd’un ministre de l’Etre suprême , qui plaide auprès de son roila cause des peuples ; l’âme douce de Fénélon semble y avoir prisla vigueur de Bossuet, pour dire au monarque les plus coura-geuses vérités. Nous ignorons si cette lettre a été lue par LouisXIY;mais qu’elle était digne de l’être! qu’elle le serait d’être lue etméditée par tous les rois ! Ce fut quelques années après l’avoirécrite que Fénélon eut l’arclievêché de Cambrai (5). Si le princea vu la lettre , et qu’il ait ainsi récompensé l’auteur , c’est lemoment de sa vie où il a été le plus grand. Mais son méconten-tement du Télémaque nous fait douter avec regret de ce traitd’héroïsme , qu’il nous serait si doux de croire et de célébrer.
La réputation du Télémaque, qui n’a jamais varié dans lereste de l’Europe , a souffert en France différentes révolutions.Quand l’ouvrage parut, la nouveauté du genre , l’intérêt du sujet,les grâces du style , et plus encore la critique indirecte mais con-tinuelle d’un monarque qui n’était plus le dieu de ses sujets ,enlevèrent tous les suffrages. La corruption qu’amena la régenceet qui rendit la nation moins sensible aux ouvrages où la verturespire, le parli violent qui s’éleva contre Homère , dont le Télé -maque paraissait l’imitation ; enfin la monotonie qu’on crut yapercevoir dans la diction et dans les idées, le firent rabaisserassez long-temps à la classe des ouvrages dont le seul mérite estd’instruire agréablement la jeunesse. Ce livre a fort augmentéprix dans notre siècle , qui, plus éclairé que le précédent sures vrais principes du bonheur des États , semble les renfermer^ans ces deux mots , agriculture et tolérance ; il voudrait éleverautels au citoyen qui a tant recommandé la première , et àévêque qui a tant pratiqué la seconde,ïl écrivit contre les jansénistes ; mais ce ne fut pas , comme l’a^bité la calomnie, pour faire sa cour au P. Le Tellier ; sona ' n e noble et franche était aussi incapable d’un tel motif, queSa candeur et sa probité de rechercher un tel homme ; la dou-Ce ar seu ] e jg son car aetère , et l’idée qu’il s’était faite de la bontép'Prème , le rendait peu favorable à la doctrine des partisans duj ’ Qucsnel, qu’il appelait impitoyable et désespérante ; et pourcombattre il écoutait encore plus son cœur que sa lliéologie.‘ e u, disait-il, n’est pour eux que l’être terrible ; il n’esi
jy . . ,f .. —.-, - -é est pour
1 que l être bon ; je ne puis me résoudre à en faire un tyrana - 3a ‘