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Tome deuxième.
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5oô NOTES SUR

sujet des dialogues qui ont été imprimés api ès sa mort. Il est vrai quedans ces dialogues le quiétisme est tourné en ridicule; et c’est tout ceque peut se permettre un philosophe qui prend la peine {l’écrire surce l'utile sujet ; mais c’est l'aire même bien de l’honneur à de pareillesdisputes, que d'employer la philosophie à s’en moquer.

Cet ouvrage de La Bruyère est pourtant encore nioins étx'ange quele Traité de la Perfection chrétienne , composé très-sérieusement parle cardinal de Iticlielieu, et imprimé non moins sérieusement après samort, avec une dédicace à la Vierge, qui peut bien être aussi de ceministre, puisque l’ouvrage est véritablement de lui, comme le dé-montrent les termes du privilège obtenu pour l’impression par madamela duchesse d’Aiguillon sa nièce. Le cardinal de Richelieu rival du jé-suite Rodriguez ! ô pauvre espèce humaine ! Cette pieuse sottise du car-dinal rend malheureusement vraisemblables toutes les impertinencescapucinales qu’on lit dans le testament " ' 3 attribué à Richelieu.

Mais revenons à l'archevêque de Cambrai, plus digne de nous occuper.

Un ouvrage de ce prélat, bien plus extraordinaire que ses spécula-tions mystiques, c’est sa lettre à l’évêque d’Arras, sur le danger defaire lire au peuple l’Ecriture sainte '. Si cette lettre n’était pas signéeFénelon, on la croirait dictée en plusieurs endroits par l’intention laplus maligne, tant l'auteur y présente avec force les traits de la Bibleles plus propres à scandaliser les faibles, et à donner aux impies unavantage apparent dans leurs objections contre le texte sacré. Ces ob-jections , si énergiquement exposées par l'archevêque de Cambrai, sur-prendront dans sa lettre les incrédules même, et ne feront que leurmontrer avec plus d'évidence la candeur et la bonne foi du respectableprélat. Il est vi'ai que long - temps avant Fénélon, plusieurs concilesavaient défendu la lecture de l’Écriture sainte en langue vulgaire, sansdoute par la même raison; et c’est aussi par ce motif, plus sage etplus réfléchi qu’on ne croirait, disaient les jésuites, que Clément Xiavait condamné dans la bulle Unigenitus les passages de Quesncl quiétaient favorables à celte lecture. Les ennemis de celle bulle ont ob-jecté qu’il paraît mal sonnant d’interdire au peuple la lecture du livre4>ndamental de la religion qu on lui enseigne. Mais ceux des ministresde cette religion qui ont pensé de la sorte, ont cru savoir mieux que lesautres ce qu’il faut, dans ces matières, laisser voir ou cacher à la mul'tilude. De deux ineonvéniens, ont-ils dit, on doit choisir le moindre’»et par cette raison, il vaut, mieux explitpier l’Écriture au peuple san- (la lui faire lire, que de la lui faire lire même en l’expliquant : c’cslaux théologiens éclairés à peser la solidité de cette doctrine.

Quelques hommes qui avaient le malheur de ne pas aimer l’arche"vôque de Cambrai, et qui jugeaient avec l’austérité stoïque ce juge 51indulgent pour les autres, lui ont assez durement appliqué, à l'ocra'sioti de ses ouvrages sur le quiétisme, le mot d’un philosophe ,n °'~derne, que la porte de la conscience est pour bien des gens à calé

* Voyez les OîCuvrc* spirituelle* Je Fctielon , t.