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DE FÉNÉLON. 5 o 3
été durs , hautains, injustes , violons, de mauvaise foi. Ils n’ont connud’autre règle , ni pour l'administration du dedans de l’Etat, ni pour lesnégociations étrangères , que de menacer, que d'écraser, que d’anéantirtout ce qui leur résistait. Ils ne vous ont parlé que pour écarter de voustout mérite qui pouvait leur faire ombrage. Ils vous ont accoutumés àrecevoir sans cesse des louanges outrées qui vont jusqu’à l’idolâtrie, etque vous auriez dû, pour votre honneur, rejeter avec indignation. Ona rendu votre nom odieux, et toute la nation française insupportableà tous vos voisins. On n’a conservé aucun allié, parce qu’on n'a vouluque des esclaves ; on a causé depuis plus de vingt ans des guerres san-glantes. Par exemple, sire, ou fit entreprendre à votre majesté , en 167a,la guerre de Hollande pour votre gloire , et pour punir les Hollandais quiavaient fait quelque raillerie dans le chagrin où on les avait mis entroublant les règles de commerce établies par le cardinal de llichclieu.Je cite eu particulier cette guerre , parce qu’elle a été la source de toutesles autres. Elle n’a eu pour fondement qu’un motif de gloire et de ven-geance ; ce qui ne peut jamais rendre une guerre juste : d ou il s en-suit que toutes les frontières que vous aurez étendues par cette guerresont injustement acquises dans l'origine. Il est vrai, sire , que les traitésde paix subséquens semblent couvrir el réparer cette injustice, puis-qu’ils vous ont donné les places conquises : mais une guerre injuste•t’en est pas moins injuste pour être heureuse. Les traités de paix signésPar les vaincus ne sont point signés librement ; on signe le couteau sousla gorge ; 011 signe malgré soi, pour éviter de plus grandes perles ; ousigne comme 011 donne sa bourse , quand il la faut donner ou mourir.Il faut donc, sire , remonter jusqu’à cette origine de la guerre de Hol-lande , pour examiner devant Dieu toutes vos conquêtes.
» Il est inutile de dire qu’elles étaient nécessaires à votre État ; leliicn d’autrui 11e nous est jamais nécessaire; ce qui nous l’est vérita-blement , c’est d’observer une exacte justice. Il ne faut pas même pré-tendre que vous soyez eu droit de retenir toujours certaines places ,Parce qu’elles servent à la sûreté de vos frontières. C’est à vous à cher-cher cette sûreté par de bonnes alliances, par votre modération, oupar les places que vous pouvez fortifier derrière ; mais enfin le besoinde veiller à notre sûreté ne nous donne jamais un titre de prendre laterre de notre voisin. Consultez là-dessus des gens instruits et droits,tls vous diront que ce que j’avance est clair comme le jour.
» E11 voilà assez, sire, pour reconnaître que vous avez passé votre viecôtière hors du chemin de la vérité et de Injustice, et par conséquent horsde Celui de XÉvangile. Tant de troubles affreux qui ont désolé toute l’Eu-r °Pe depuis plus de vingt ans , tant de sang répandu, tant de scandalesc °minis, tant de provinces ravagées, tant de villes et de villages mis encendres, sont les funestes suites de cette guerre de 1C72, entreprisel'our votre gloire et pour la confusion des faiseurs de gazettes et degodailles de Hollande. Examinez sans vous flatter, avec des gens de
‘eu, si tous pouvez garder tout ce que vous possédez en conséquence