5o4 NOTES SUR L’ÉLOGE
des traités auxquels vous avez réduit vos ennemis par une guerre s*mal fondée.
» Elle est encore la vraie source de tous les maux que la France souffre-Depuis cette guerre vous avez toujours voulu donner la paix en maître,et imposer les conditions, au lieu de les régler avec équité et modé-ration. Voilà ce qui fait que la paix n’a pu durer. Vos ennemis, hon-teusement accablés, n’ont songé qu’à se relever et qu’à se réunir contrevous. Faut-il s'en étonner ? vous n’êtes pas même demeuré lldèlo dansles termes de cette paix que vous aviez donnée avec tant de hauteur.Fu pleine paix vous avez lait la guerre et des conquêtes prodigieuses.Vous avez établi une chambre de réunion, pour être tout ensemblejuge et partie : c’était ajouter l’insulte et la dérision à l’usurpation età la violence. Vous avez cherché, dans le traité de Wcstphalie , destermes équivoques pour surprendre Strasbourg. Jamais aucun de vosministres n’avait osé depuis tant d’années alléguer ces termes dans au-
cune négociation, pour montrer que vous eussiez la moindre prétentionsur cette ville ; une telle conduite a réuni et animé toute l’Europe contrevous. Ceux même qui n’ont pas osé se déclarer ouvertement, souhaitentdu moins avec impatience votre affaiblissement et votre humiliation »comme la seule ressource pour la liberté et pour le repos de toutes lesnations chrétiennes. Vous qui pouviez, sire, acquérir tant de gloiresolide et paisible à être le père de vos sujets et l’arbitre de vos voisins >on vous a rendu l'ennemi commun de vos voisins, et ou vous expose apasser pour un maître dur dans votre royaume.
» Le plus étrange effet de ces mauvais conseils , est la durée de la liguaformée contre vous; les alliés aiment mieux faire la guerre avec porta»que de conclure la paix avec vous , parce qu’ils sont persuadés sur leu*propre expérience , que cette paix ne serait point une paix véritable •que vous ne l’observeriez non plus que les autres , et que vous vous euserviriez pour accabler séparément, sans peine, chacun de vos voisins*dès qu'ils seraient désunis : ainsi , plus vous êtes victorieux , plusvous craignent et se réunissent pour éviter l’esclavage dont ils se croie’!' 1menacés. Ne pouvant vous vaincre, ils prétendent au moins vous épuise* -à la longue. Enlin ils n’espèrent plus de sûreté avec vous , qu’eu v ouSmettant dans l’impuissance de leur nuire. Mettez-vous , sire , un i’ l °'ment à leur place , et voyez ce que c’est que d’avoir préféré sou av»**tage à la justice et à la bonne foi.
» Cependant vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enff" 15 ’cl qui ont été jusqu’ici si passionnés pour vous, meurent do faim- ,
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culture des terres est presque abandonnée ; les villes cl la camp^bse dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent pl llS
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ouvriers. Tout commerce est anéanti ; par conséquent vous avez de 11 ^la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et p*défendre de vaincs conquêtes au dehors. Au lieu du tirer du largo* 11 ^ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l'aumône et le nourrir. L" 1^entière u’est plus qu'un grand hôpital désolé et san> provb>i° u5 '