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loges , lui procura tous les agrêmcns que les satiriques n’atten-dent guère de ceux qu’ils ont offensés, enfin témoigna tantd’empressement à le servir , que le poète s’écria dans la violencede ses remords : Ah ! monsieur, quelle vengeance vous exercezcontre moi , et quelle leçon vous venez de me donner ! Me voilitcorrigé pour jamais de la satire. Le faiseur d’épigrammes , quinous a lui-même appris cette anecdote, ajoutait qu’il l’avait sou-vent racontée à de jeunes poètes, dans le dessein très-louablede les détourner de ce malheureux genre d’écrire, pour lequelil leur voyait de fâcheuses dispositions. Mais, disait-il en sou-pirant, je suis jusqu’à présent le seul que cette aventure ait rendumeilleur ( 3 ).
NOTES.
(i) Le philosophe , un peu amer dans scs qualifications , qui donnaità tous les grands l’épithète énergique de loups bergers, aurait été hicninjuste s’il n’y avait pas reconnu des exceptions. Plus même ces excep-tions seraient rares , plus ceux qui les méritent sont dignes du respectet de l’attachement des gens de lettres. L’Académie Française se glo-rifie d’en compter plusieurs parmi ses membres. ( y oyez l'article dumaréchal d’Estrées.)
(2) Les tragédies de l’abbé Abeille étaient données sous le nom duconlédien La Tliuillerie. Parmi ces pièces , il y en eut une nommée Her-cule, dont le succès fut si marqué, que les comédiens , jaloux, dit-011,de la gloire (peu méritée) de leur camarade , en interrompirent brus-quement les représentations au milieu de son cours. On soupçonnaitcependant La Tliuillerie de n’en être que le père adoptif ; mais celui-ci , soit par vanité , soit de concert avec le véritable et secret auteur,s éleva dans la préface d 'Hercule contre ce soupçon injurieux à sesiule ns et à sa réputation. « Je crois , dit Voltaire, dans une lettre aua comédien La Noue, auteur de la tragédie de Mahomet second, qued vous êtes le premier parmi les modernes qui ayez, été à la lois auteur11 et acteur tragiques ; car La Tliuillerie, qui donna sous son nom les11 tragédies de l’abbé Abeille, n’en était point l’auteur ; et d’ailleurs» ces tragédies sont aujourd'hui comme si elles n’avaient point été.11 Connaissez-vous l’épitaphe de ce La Tliuillerie ?
« Ci-gît un fiacre nomme Jean,
3) Qui croyait avoir fait Hercule et Soliman. »
Les ennemis de l’abbé Abeille prétendaient que, s’il avait donné scsdernières pièces sous un autre nom que le sien, n’ayant pas eu le mêmescrupule pour les premières, ce 11’était nullement par respect pour sa