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Tome deuxième.
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5 T»o ÉLOGE

ccs sociétés libres et volontaires , les gens de lettres n’ayant pointd’intérêts à démêler , elles verraient toujours la paix et la con-corde régner au milieu d’elles, et qu’on ne pourrait pas leur dire,comme on a fait quelquefois à d’autres compagnies, déclaréespar leurs guerres intestines : ,

Tes pl’.is grands ennemis, Rome, sont dans tes murs.

Animé du désir si louable de voir les talens unis par les tra-vaux et par 1 estime, l’abbé de Dangeau écartait avec soin dela société qu’il avait formée , la médiocrité vaine et jalouse , im-placable et vile ennemie du mérite éclatant qui lui fait ombrage.J’abandonne., disait-il, ces rebuts de la littérature à la faveurténébreuse de quelques Mécènes aussi méprisables queux , etdignes à tous égards de les rassembler et de les protéger. Laplus parfaite liberté dans les opinions était la première loi desa petite académie ; et il n’abusa jamais, pour y donner le ton,ni de son rang , ni de son mérite , ne voulant pas que la plus lé-gère déférence pour lui fermât la plus petite porte à la vérité.Cette société d’hommes honnêtes et instruits lui était si chère ,qu’étant à son dernier moment le jour où elle s’assemblait chezlui, il défendit qu’on renvoyât aucun de ceux qui avaient cou-tume de s’y rendre. Il mourut ainsi dans le sein des lettres ,et pour ainsi dire au lit d’honneur, le premier janvier 1723,pleuré de tous ceux qui l’environnaient.

Nous terminerons cet éloge par le trait de sa vie qui nous in-téresse le plus. Cette compagnie lui est redevable d’un serviceplus important que tous ceux qu’il a rendus à noire langue parses écrits. Des hommes qui ne se trouvaient pas assez honorésd’être assis dans l’Académie Française à côté des Despréaux etdes Racine , quoiqu’ils n’eussent dû se voir à celte place qu'avecsurprise , et l’occuper qu avec respect, formèrent, au commen-cement de ce siècle, le grand projet de donner à cotte académiedes honoraires ( 5 )• H y a apparence qu’ils 11e méritaient ni letitre d'académicien , puisqu’ils en voulaient un autre , ni celuid’honoraires, puisqu’ils y mettaient tant de valeur. Ils déplo-raient amèrement, nous employons ici leurs propres termeSil’esprit républicain qui , selon eux , avait perdu l’AcadémieFrançaise, quoiqu’elle possédât , en ce moment même , tout ceque la littérature avait de plus illustre. Ce prétendu esprit ri'publicain , suivant la réflexion de l’abbé de Dangeau , était ut*grand et terrible mot, employé bien gratuitement contre desconfrères très-paisibles et très-modérés. I! est vrai que ces proie 0 'teurs du despotisme littéraire avaient leurs raisons pour décriéel’égalité qui règne dans cette compagnie, comme le fléau-d 1 ' 1