î3 NOTES SUR L’ARTICLE
» pose aujourd’hui l’honneur que vous me faites, pour donner aux» intérêts de cette illustre compagnie toute l’attention et tout le zèle» qu’elle mérite. Mon amour pour les lettres a prévenu dès long-temps» en moi ce nouveau motif de service et d’attachement.
» "Votre établissement, messieurs, est une partie considérable de la» gloire d’un grand ministre, dont vous me permettrez de n’cntre-» prendre l’éloge que par mes efforts pour l’imiter, quoique soutenus» de peu d’espérance.
» Il prévit bien sans doute le succès de son ouvrage ; et tel en a été» le progrès et l’éclat, que nos rois, après lui, se sont réservé le titre de» voire protecteur, et que , pour un successeur de celui qui vous a fon-» dés , c'est désormais un digne objet d’ambition que le titre de voire» confrère.
» Je le. reçois aujourd’hui, ce titre flatteur, avec un plaisir sensible.» Je remplace parmi vous un homme d’une vaste érudition ( M. Dacier) ,» qui a enrichi la langue des plus précieuses dépouilles de l’antiquité, et» qui, fidèle interprète du plus judicieux des écrivains , vient d’étaler à» nos yeux, dans ses Fies des Hommes illustres, les plus grands prin-» cipes et les plus grands exemples.
» C'est à moi, dans la place où je suis, d’en faire une étude sérieuse,» d’y puiser, s’il m’est possible, de quoi justifier le choix du prince à» qui je dois tout, et les dignités et les lumières même ; de quoi secon-» der avec succès les desseins d’un jeune roi, destiné , par ses inclina-» tions, à remontrer au monde toute la gloire de son auguste bisaïeul.
» Je m’estimerai heureux, messieurs , à proportion que je mériterai» une approbation d’aussi grand prix que la vôtre , et que jesignalerai» ma reconnaissance pour vous, non-seulement par mes soins pour ce» qui vous regarde, mais en procurant de tous mes efforts la félicité» publique, qui vous touche encore plus que vos avantages particu-» liers. »
Discours du cardinal Dubois à Vassemblée du clergé 1 .
a Messieubs, j’ai attendu avec impatience le jour où je pouvais» marquer à cette auguste assemblée la vive reconnaissance que je sens» de la grâce que vous m’avez faite : vous avez bien voulu m’associer au» clergé de France, et je sais à combien de mérite et à quelle gloire» vous m’associez ; mais j’ose dire que ce qui est si glorieux pour» moi, l’est aussi pour vous-mêmes ; vous auriez pu craindre un» ministre qui, quoique honoré du sacerdoce, eut pu être disposé,
» dans quelques occasions, à le sacrifier à l’Empire ; le penchant n’est» que trop grand à croire les intérêts de l’un plus importuns et plus» près sans que ceux de l’autre; mais votre zèle pour l’État ne vous a» pas permis une crainte qui pouvait paraître légitime ; et en nx’ad-» mettant dans l’intérieur de vos délibérations, vous prouvez, de la» manière la plus authentique, la droiture et la sincérité de vos inten-
1 Ouvrage de Fontcncllc.