Band 
Tome troisième.
Seite
19
JPEG-Download
 

DU CARDINAL DUI 10 IS. 19

» fions pour le service du roi. Je sens , de mon côté, à quoi m'engage» cette confiance ; il faut qu'un ministre, à qui le clergé fait Vhonneur» de ne le redouter pas, s’en rende digne en redoublant ses soins» pour les avantages du clergé ; tout ce que peut l’autorité du ministre,» je le dois à vos intérêts : ainsi, loin que les devoirs dont j’étais chargé,» et ceux que vous m’imposez de nouveau, viennent jamais à se com-» battre, la place que j’occupe dans l’État me fournira les moyens de» satisfaire à celle que vous me donnez dans l’Église. Je suis sûr, mes-» sieurs, et je vous outragerais par le moindre doute, que vous ne me» donnerez à porter au roi, dans le cours de cette assemblée , que d’an-» ciennes ou plutôt d’éternelles preuves de l’attachement des églises du» royaume pour leur protecteur, que des gages nouveaux et certains» du dévouement du clergé à la couronne, et de sa tendresse respec-» tueuse pour la personne de sa majesté , tandis que je ne vous porterai» que les précieuses assurances de l’attachement du roi à la religion ;n que les maximes dont il est instruit et pénétré sur le respect dû au» sanctuaire ; que ses sentimens en faveur de la plus illustre portion de» l’Église universelle ; que des témoignages de la préférence qu’il lui» donne, au-dessus de tous les autres objets de son affection. Je n'aurai» rien ni de part ni d'autre à dissimuler, ni A affaiblir, ni n exagérer :» je ne dois m'étudier qu’à dira précis, et à transmettre si fidèlement» les sentimens du roi et de son clergé, qu’il ne reste aucun doute sur» ce que le souverain doit attendre du zèle et de la fidélité de ses sujets,» et sur ce que le clergé peut espérer de la religion , de la prudence et» de l’affection du roi. »

Le cardinal Dubois employait, dit-on , La Motte et Fontcnelle à desouvrages plus sérieux que de simples discours académiques. On assurequ’en 1718, lorsque la France déclara la guerre à l’Espagne , le mani-feste fut fait par Fontcnelle, sur les mémoires du ministre, et revu parLa Motte. Nous n’avons point ce manifeste sous les yeux ; mais il seraitcurieux de voir quel ton Fontenelle y avait pris. Son style ordinairen’était pas celui qui doit caractériser de pareils ouvrages ; on y demandeune simplicité noble, une force qui n’excède point la mesure, et plusde dignité que de finesse. L’illustre académicien avait sans doute biensenti ces convenances , et sans doute aussi avait eu le soin et l'esprit des’y confirmer.

( 5 ) Nous tenons d’un évêque qui était présent, le discours que le prélatVintimille fit à Louis XV. La nécessité d’abréger, dans une lecture pu-blique , le récit d’un fait étranger à l’article du cardinal Dubois , nous aobligés d’en supprimer quelques circonstances, qu'on sera peut-être bienaise de retrouver ici. L’archevêque avait en effet préparé, ou avait l’ailcomposer par un autre le discours qu’il devait prononcer ; il apprit cediscours comme il put, et tant bien que mal ; sa mémoire le servit très-miulèlement dès les premiers mots ; un soullleur, qu’il avait chargé dele suppléer, les lui suggéra; il ne les entendit pas, le fit répéter, con-tinua encore à dire quelques mots, toujours mal soufflés ou mal entendus,