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enfin de J.i gloire si recherchée sur les bancs , non pas d’avoirraison , c’est rarement ce qu’on ambitionne dans cette guerrede mots et de chicane , mais de réduire au silence son orgueil-leux adversaire.
Sa mère, dont il était adoré , car son esprit et sa figure étaientégalement aimables, avait cru augmenter les agrémens de celtefigure , en lui donnant dans son enfance des habits qui n’étaientpas ceux de son sexe , encore moins, de son état, et que la fri-vole indulgence de la nation française l’accoutuma trop à por-ter ( 3 ). L’espèce de goût qu’il conserva trop long-temps pour untravestissement si étrange et si blâmable, est une triste preuvedu malheureux empire que conservent sur certains esprits lespremières sottises dont une mauvaise éducation les a infectés.Nous épargnons là-dessus un plus long détail à sa mémoire , etsurtout à la grave assemblée qui nous écoute 1 ; mais plus lesécarts qu’il s’est permis à ce sujet ont été publics , plus noussommes obligés d’en effacer l’impression affligeante par un faitmoins connu que sa faute , par l’aveu consolant des regrets qu’ilen témoigna dans ses derniers momens. En écrivant cet endroitde sa vie, nous avons cru voir son ombre consternée demandergrâce à son historien, et lui répéter ces paroles de repentir etde douleur , qu’il adressait en mourant au souverain juge : De-licla juventutis rneæ et ignorantias meas ne memineris (Nevous ressouvenez point des égaremens et des erreurs de majeunesse).
L’abbé de Choisy, parvenu à l’âge de trente ans , et un peuconfus de la vie qu’il avait menée jusqu’alors, car ses remordsse bornaient encore à la honte, résolut de passer quelque tempshors de France, pour effacer le souvenir de ses premières années.Il alla en Italie , comme conclSviste du cardinal de Bouillon ,après la mort de Clément X. Il se trouva à l’élection de son suc-cesseur, le cardinal Odescalchi, Milanais, qui prit le nom d’in-nocent XI ; ce fut même en partie à l’éloquence de l’abbé deChoisy que ce pape dut son exaltation. Louis XIV s’y étaitd’abord fortement opposé, et l’événement fit voir qu’il aurait euraison de ne point changer d’avis , Innocent XI ayant marqué,lorsqu’il fut pape, le dévouement le plus servile pour la maisond’Autriche, alors notre implacable rivale. Le roi de France n’ac-corda son consentement à l’élection que dans un moment depiété ou de scrupule ; les cardinaux français , qui connaissaientl’esprit souple et insinuant de l’abbé de Choisy, se servirent delui pour écrire à leur souverain une lettre pressante , ou ils re-présentaient au fils aîné de l’Église les grandes vertus d’Odes-
} Cet éloge a été lu le 25 août 1777.