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Tome troisième.
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d’hommes qui , toujours pressés de parler de ce qu'ils ignorent rmériteraient la réponse qu’un artiste grec fit dans son atelieraux raisonuemens ridicules d’un amateur : Prenez garde quemes élèves ne vous entendent.

La Vie de S. Louis fut suivie d’une traduction de l’Imita-tion de Jésus-Christ , que l’auteur dédia à la pieuse madame deMaintenon , quoiqu’il eût fait sans piété , comme il l’avoue lui-même, la traduction de ce pieux ouvrage. La première éditionest remarquable par un verset du psaume 44 ; placé au basd’une estampe où madame de Maintenon est représentée auxpieds du crucifix , qui semble lui adresser les paroles de ce ver-set : Audi, filia , et vide , et inclina aurem luam, et oblivisceredomumpatris tui, et concupiscet rex décorem tuum. Ecoutez ,ma fille , voyez et prêtez l’oreille ; oubliez la maison de votrepère, et votre beauté touchera le cœur du roi (n). Ce passagea été retranché dans la seconde édition, à cause de la malignitédu commentaire qu’on en avait fait ; il n’était pas difficile de leprévoir ; un courtisan moins empressé, mais plus fin , ne s’yserait pas trompé , et n’aurait pas commis cette faute. Il paraîtque l’abbé de Choisy, peu fait par sa naissance pour vivre à lacour , était plus flatté du plaisir de s’y voir , qu’occupé du soind’en étudier les habitans ; sa vanité offusquait ses lumières , quid’ailleurs peu étendues et peu actives , même pour ses propresintérêts, n’avaient jamais un pressant besoin de s’exercer.

Youé , pour ainsi dire , aux ouvrages de dévotion , depuis laVie de S. Louis , il donna un volume d ’Histoires édifiantes,mais qu’il rendit en même temps les plus agréables qu’il lui futpossible; il voulait, disait-il, par cet innocent artifice, engagerles femmes de la cour à préférer cette lecture à celle des contesde fées , qui les occupaient tellement alors , que 1 ’Oiseau bleu,si on en croit l’abbé de Choisy , faisait disparaître les ouvragesles plus solides , et que Eourdaloue cédait la place à madamed’Aulnoy.

Les Histoires édifiantes de notre académicien eurent le succèsqu’il en avait attendu , et l’encouragèrent à entreprendre uneautre histoire plus édifiante encore , mais plus longue et plussérieuse, Y Histoire de l’Eglise, depuis la naissance du Chris-tianisme jusqu’à la fin du règne de Loui§ XIV. Il exécuta ettermina même en onze volumes une entreprise si laborieuse ,surtout pour un écrivain tel que lui (12). Le plus grand méritede cet ouvrage est, comme dans tous ceux de l’abbé de Choisy ,l’agrément et la vivacité de la narration ; il n’y faut pas chercherla px-ofondeur des recherches ni l’exactitude des faits; aussi pré-tend-on que l’auteur disait en riant, quand il eut fini son dernier