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Tome troisième.
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DE L’ABBE DE CHOIS Y. 3<)

■un état si capalffe d’effrayer les plus déterminés. Mon corps, abattu parla violence de la maladie, tourmenté par l’agitation de mon esprit,demandait du repos. Je m’endormis, et me réveillai plus tranquille.J’avais cru, pendant mon sommeil, me voir à la porte d’une galerietoute éclatante de lumières, mais d’une lumière douce, et qui, sansm’éblouir, me paraissait plus brillante que toutes les autres lumières.Je me sentais bien ferme dans la résolution de me convertir si je reve-nais en santé , et je commençai à croire qu’il n’était pas impossible queDieu me fît miséricorde. Une pensée si consolante me donna cotirage.L’esprit en repos contribua à ma guérison autant et plus que le quin-quina ; et je me vis bientôt en état de jouir encore une fois de la vie, queje n’avais souhaitée que pour faire pénitence. »

Nonobstant des dispositions si louables, il avait besoin, pour êtreîout-à-fait éclairé, d’une espèce de rechute qui fut encore longue etdangereuse, et qui acheva heureusement en lui, disait-il, l’opérationdie la grâce.

Cette conversion, néanmoins, ne l’avait guère corrigé. Passant unjour avec un ami près d’une terre considérable que le dérangement desa conduite l’avait obligé de vendre, il poussait de profonds soupirs ; son.ami, édifié de sa douleur, louait de son mieux, pour la consolation del’affligé, un repentir qui paraissait si profond et si sincère. Ah! s'écrial’abbé de Clioisy, que je la mangerais bien encore !

(5) Pour donner une idée de ce journal, nous en rapporterons quel-ques passages singuliers ou curieux. Ils feront connaître le genre d’espritde l’abbé de Clioisy, sa manière de voir, de juger et d’écrire, et le rôleun peu mesquin qu’il a joué dans sa sous-ambassade. Le journal estadressé à M. l’abbé de Dangeau, à qui l’auteur rend compte , pour ainsidire, de tous les momens de son voyage.

« M. Basset, l’un de nos missionnaires, a fait cette après-dînée uneexhortation aux matelots, où d’honnêtes gens auraient pu prendre leurpart. Oh ! qu’aisement tout nous porte à Dieu, quand on se voit au mi-lieu des mers, sur cinq ou six planches, toujours entre la vie et lamort ! Cette consolation solide ne se peut trouver que dans les penséesd’une autre vie, cent lois plus heureuse que celle-ci ; et il faut bien quenous les ayons, ces pensées de l’éternité , car sans cela nous serions bien•sots d’aller passer la ligne.

» M. Yachet, autre missionnaire, dira demain la messe. Je suis (ouiplein des joies du paradis. Je viens de lire le paradis de Nicole : qu’il endonne une belle idée ! en vérité, il faut être fou pour ne pas avoir envied’aller là. L’enfer ne m’a pas semblé si bien traité ; et l’un m’a fait plus deplaisir que l’autre ne m’a fait de peur. Je crois avoir enfilé le bon che-min , et j’espère beaucoup de la miséricorde de Dieu. Que je suis heu-reux d’avoir entrepris ce voyage-ci ! je sentais bien que la main de Dieuy était ; et j’y étais poussé avec trop de violence pour que cela lût natu-rel. Je n’aurai guère offensé Dieu pendant deux ans. Hélas ! ce seront