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Tome troisième.
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46 NOTES SUR L’ÉLOGE, etc.

gnol, tomba évanouie entre les bras de la reine de Navarre qui l’accom-pagnait.

(12) Cette histoire se ressent beaucoup de l’habit sous lequel l’auteurl’a composée, car ces ajustemens de femme , qu’il 11’osait plus porterdans le monde, par la juste crainte d’y causer trop de scandale, il ne pou-vait se résoudre à s’en priver quand il était seul, ne songeant pas assezqu’il lui restait dans celte solitude même un témoin plus redoutable queles hommes. Peut-être suffirait-il, pour apprécier la valeur de ces annalesecclésiastiques, de se représenter un moment ce prêtre septuagénaire,sous un habit si peu fait pour son âge et pour son état, travaillant àl’histoire des martyrs et des anachorètes, et se mettant des ajustemensprofanes de la même main dont il écrivait les décisions des conciles.Aussi, interrompant quelquefois son travail pour jeter un moment detristes regards sur lui-même, il s’écriait avec la sincérité la plus naïve :Quel peintre pour les Antoine et les Pacàmes , pour les Auguslins etles Athanase !

L’abbé Fleury qui, comme nous l’avons dit dans son éloge, avait mistrente ans à composer son Histoire ecclésiastique, en avait donné lesderniers volumes à peu près dans le même temps que l’abbé de Choisyfit paraître la sienne. Il était bien difficile que la frivolité française serefusât le jeu de mots que lui offraient les noms de Choisy et de Fleurysur ces deux histoires, l’une si légère et l’autre si grave. On disait doncque l’abbé Fleury était choisi dans son ouvrage, et que l’abbé de Choisyétait fleuri dans le sien. Mais l’ouvrage superficiel et frivole 11’effaçapas en cette occasion l’ouvrage exact et utile ; et l historien véridique,quoique bien moins philosophe dans son histoire que dans ses discours,fut préféré par le public à l’historjen qui n’était qu'agréable et nullementphilosophe.

L’abbé de Choisy a imprimé que c’était par le conseil de Bossuet qu’ilavait entrepris d’écrire l 'Histoire ecclésiastique. Il paraît difficile àcroire que Bossuet lui ait donné ce conseil, dans un temps où l’on avaitdéjà celle de Tillemont, et où Fleury écrivait la sienne. Peut-être l’évêqucde Meaux, en conseillant à l’abbé de Choisy d écrire cette histoire,n’avait-il d’autre objet que de l’engager à l’apprendre.

ELOGE DE HOQUETTE 1 .

Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette , évêque d’Au-tun , qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique,

• Henri-Emmanuel de Roquette, docteur de Soibonne, abbé de Sainl-Gildas de Rnis, reçu à la place d’Eusèbe Rcnaudot, le 12 décembre 1720;mort le 5 mars 1725.