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Tome troisième.
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ÉLOGE DE ROQUETTE. / n

eut l’honneur, dit-on , de fournir à Molière l’heureux originald’après lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe. Cetévêque d’Autun, qui se mêlait de prêcher , et qui mettait danssa prononciation et dans ses gestes autant d’affectation et de gri-maces que dans sa conduite , se plaignait à M. de Harlai de ceque les officiers municipaux de la ville d’Autun avaient quittéson sermon pour aller à la comédie. En effet , dit M. de llarlai,ces gens-là étaient de bien mauvais goût, de vous quitter ainsipour des comédiens de campagne (i). C’était sur les sermons de ceprédicateur saltimbanque que Despréaux avait fait cette épi-gramme :

' On dit que l’abbê RoquettePrêche les sermons d’autrui ;

Moi qui sais qu’il les achète,

Je soutiens qu’ils sont à lui.

Neveu de ce prélat hypocrite et intrigant, l’abbé de Roquettene lui ressembla pas ; à une doctrine saine et à des mœurs sansreproche , il joignit un caractère vrai et une conduite simple ;cette candeur et cette simplicité, déjà si estimables par elles-mêmes , augmentaient encore de prix, par le talent distinguéqu’il avait pour l’éloquence, talent qu’il cultiva long-temps avecsuccès, et qui lui mérita les honneurs académiques.

On voit, par les discours prononcés à sa réception et à cellede son successeur, qu’il eut l’honneur de haranguer souvent le roi,à la tete de la députation des États de Bourgogne ; qu’il fit plu-sieurs fois, dans ces mêmes États, l’usage le plus heureux du donde la parole, pour démêler et concilier les intérêts de la provinceet ceux du monarque; qu’il consacra enfin ce don si rare au plusdigne emploi qu’un ecclésiastique en puisse faire , celui d’an-noncer dans la chaire de vérité les maximes du christianisme.U s exerça même dans tous les genres d’éloquence dont la chaireest susceptible; il prononça l’oraison funèbre de Jacques II, roid Angleterre; sujet d’autant pl us fécond pour un orateur chré-tien , qu il eut été plus épineux pour un orateur philosophe. Carsi le prédicateur religieux pouvait offrir dans ce prince si ca-tholique et si dévot, le plus édifiant émulateur des héros mo-nastiques, 1 appréciateur éclairé ne pouvait guère trouver en luiqu un souverain peu digne de l’être, dédaigné et proscrit par sanation, pour 1 aveuglement et le fanatisme de son zèle. L’oraisonfunèbre que 1 abbé de Roquette consacra à sa mémoire, futtrès-goutée dans le temps à la cour de Louis XIV, oh les jésuites ,alors tout-puissans, protecteurs et protégés du roi Jacques, dé-cidaient sans appel de ce qu’il fallait croire et approuver; elleest oubliée aujourd’hui, et nous sommes forcés de convenir