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Tome troisième.
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qu’elle devait l’être, moins a la vérité par la faute de l’ouvrageque par celle de la matière ; les malheurs trop mérités du mo-narque ont répandu contre sa personne des préventions peut-êtreexagérées, mais excusables, qui ont rendu inutile tout l’art quele panégyriste avait pu employer pour répandre quelque éclatsur les talens militaires de ce malheureux prince , et sur ses pieuxet vains efforts pour ramener son royaume au sein de l’Église.Mais l’Académie , en mettant le roi Jacques à sa place , mitaussi l’orateur à la sienne, et récompensa de ses suffrages l’élo-quence dont il avait fait preuve en cette occasion et en beau-coup d’autres. En rendant cette justice à l’abbé de Roquette , lacompagnie fit de plus une acquisition très-nécessaire. Parmi lesdifférens genres d’orateurs qu’elle doit renfermer, un orateurchrétien est pour elle d’un besoin indispensable. Elle peut avoirle malheur de perdre ou son respectable protecteur, ou quel-qu’une des personnes augustes qui tiennent de près au trône ;dans ces tristes circonstances , elle doit à leur cendre un tributd’éloge et de douleur à la face des autels ; il serait indécent ethonteux pour elle de garder lesilence, dans un moment où toutesles chaires retentissent de ces noms révérés; il ne le serait pasmoins que l’Académie fût obligée d’aller chercher hors de sonsein un interprète de ses sentimens pour les protecteurs qu’elle aperdus. Elle a donc besoin de trouver, parmi ses propres mem-bres , cet interprète éloquent. Des raisons très-sages ne lui per-mettent pas d’admettre des orateurs liés par des vœux à une sociétéreligieuse; les prélats , d’ailleurs très-respectables, qu’elle ren-ferme , souvent occupés d’affaires importantes, et quelquefois peuexercés à l’art de 1 a parole,ne sont pas toujours assez propres ou assezprêts à seconder ses vues et son zèle. Il est donc nécessaire qu’elles’assure un prédicateur d’un mérite reconnu et distingué, capabled’acquitter dans l’occasion ce qu’elle doit à la mémoire de sesbienfaiteurs , et de répondre à l’attente de la nation, qui, dansces momens , a les yeux sur elle. La compagnie avait dans l’abbéde Roquette un orateur tel qu’elle pouvait le désirer pour cetobjet, et tel que les circonstances pouvaient alors le lui fournir.Elle en possède un aujourd’hui (l’abbé de Boismont), que lesiècle précédent aurait pu envier au nôtre ; qui, dans son orai-son funèbre du dauphin, de la reine , du roi, et de l’impératriceet reine de Hongrie, a rempli nos justes espérances, et a laissébien loin derrière lui tous ses concurrens; qui a répandu dansces quatre ouvrages des traits d’une éloquence sublime , dontBossuet se serait fait honneur , et des traits d’une sensibilitétouchante et simple, que Massillon n’aurait pas désavoués (2).