DE ROQUETTE.
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NOTE S.
(i) VJETTE épigramme de M. de Ïïarlai sur l’évêque d’Autun est biensupérieure à une réponse du même genre , que lit Dancourt au P. de LaRue, dont il avait été le disciple. Ce jésuite reprochait à son élève des’être fait comédien : Mon père, lui répondit Dancour t, ne nous fai-sons point de reproche l’un à Vautre ; je suis comédien du roi, vousêtes comédien du pape , la différence n’est que dans le genre. Le motde Dancourt n’était qu’une injure indécente. Celui de M. de Harlai estune plaisanterie line et de bon goût.
Ce même évêque d’Autun , si grand hypocrite , prêchait un jour dansl’église des jésuites le panégyrique de S. Ignace leur fondateur. Toutela musique de l'Opéra était à cette cérémonie pour y chanter solennel-lement l’office du saint patron de la société. Les jésuites, dit en sor-tant un des auditeurs , viennent de nous donner deux spectacles en unmeme jour , 2’opéra et le Tartufe.
Voici un trait d’adulation de ce méprisable ahbé de Roquette, querapporte l’abbé de Choisy dans ses mémoires , et qui est remarquablepar l’excès de la bassesse et de la bêtise tout à la fois. Un soir que leprince de Conti, qui était contrefait, s’était masqué malgré l’abbé deCosnac 1 ... qui s’était enhardi à lui dire que de la taille dont il était, ilétait impossible qu’il se masquât sans être connu; l’abbé de Roquetteentra dans sa chambre comme il était près d’en sortir avec ceux qu'ilavait mis de la partie ; et cet abbé s’adressant au prince, comme s’ileût cru parler à M. de Vardes, qui était de la plus belle figure ; Mon-sieur, lui dit-il, montrez-moi son altesse ; et puis se retirant du cdtéde l’abbé de Cosnac : Monsieur, continua-t-il, dites-moi lequel de cesmasques est Monseigneur ? L’abbé de Cosnac impatienté lui dit assezhaut pour que le prince l’entendit : Allez , monsieur de Roquette , vousdevriez mourir de honte ; et quand son altesse fait une mascaradepour se divertir, elle sait bien que la taille de M. de Fardes et lasienne sont différentes... Ce discours de l’abbé de Cosnac fut la sourcede la haine que lui et M. d’Autun ont depuis conservée l’un pour1 autre et qui fit faire à Guilleragues , ami de l’abbé de Cosnac, lesmémoires sur lesquels Molière a fait depuis la comédie du Faux Dévot.
Une fausseté si absurde à l’égard des hommes ne laissait aucun doutesur celle de 1 abbé de Roquette dans sa dévotion, et on aurait pu luidire, comme à tant d’autres hypocrites de nos jours : A qui croyez-vousen imposer ?
( 2 ) Parmi plusieurs morceaux de l’éloquence la plus sublime ou laplus touchante, que nous pourrions citer dans ces beaux discours de
* Depuis évêque de Valence et archevêque d’Aix. (Forez les1 éloge de l’abbé de Choisy.)
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