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Tome troisième.
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5o NOTES SUR L’ÉLOGE

l’abbé (le Boismout, nous rapporterons les deux suivons tirés de l'oraisollfunèbre du dauphin. Dans le premier qui nous paraît digne de Bossuet,l’orateur, après avoir peint de la manière la plus pathétique les vœuxde la nation pour la vie de ce prince , s’écrie :

« Vœux inutiles ! peuple présomptueux dans ta douleur , peuple qui» ne mérite rien , et qui ose tout espérer !... Tes propres iniquités se» sont placées entre le ciel et toi, comme un nuage d’airain, pour» repousser tes cris et ta prière : Opposuisti tibi nubem ,ut non transeat» oratio... En effet, messieurs, le mal devient extrême , et livre bien-» tôt monseigneur le dauphin aux derniers secours de la religion. Ce» jour de pleurs et d’effroi, dont l’appareil étonna l’âme la plus ferme ,» attendrit la plus insensible , déchira la mieux préparée, fut le jour» de votre majesté, seigneur! lit ilia die exaltabitur Deus solus.» O roi éternel, qui voyez tous les rois s’écouler devant vous avec le» torrent des âges, que vous étiez grand dans ce moment terrible !» Tout s’abaissa sous vos pieds , trône , sceptre , dignité , puissance ;» tous les rangs, tous les degrés disparurent, toute lumière s’éclipsa» devant ces lugubres flambeaux, qui n’éclairèrent alors que la fai-» blesse, l’humiliation, le néant; et dans ce palais, tout plein de la» gloire humaine , il ne resta que vous et la victime. In ilia die exal-ta tabitur Deus solus. »

Dans le second morceau, où l'on retrouve la sensibilité, la phi-losophie et les grâces simples de Massillon, l’orateur s’exprime ainsi :

a La vanité ne réclame rien dans ce triste éloge ; on ne vous offre» point de drapeaux déchirés, de trophées sanglans , de rivaux humi-» liés , de provinces conquises ; la victoire éplorée ne gémit point, la» renommée se tait, la vertu pleure ici toute seule ; elle pleure un» prince de trente-six ans , qui ne connut qu’elle. »

A ces deux morceaux nous joindrons encore le suivant, tiré del’oraison funèbre de la reine, par le même académicien, et dans lequelBossuet et Massillon nous paraissent se réunir.

« La naissance d’un prince n’est aux yeux Be la reine qu’un engage-

» ment et un devoir de plus.Elle ne le forme pas au grand art de

» régner ; hélas ! si le ciel le permet, les exemples de son sang l’instrui-» ront assez. Blais elle lui apprend qu’au pied du trône, et bien plus» encore , loin du trône mcine , sont ses frères ; qu'il appartient à ce» pauvre, à ce malheureux, dont il n’entend pas les cris ; que les» hommages les plus flatteurs sont ceux de la misère reconnaissante ;

» et que les couronnes de l’éternité seront le prix des larmes qu’il» aura essuyées sur la terre... O prince 1 ! sur qui nos regards s’ar-» rotent avec une espérance si tendre, vous ne recevrez plus ces tou-» chantes leçons. Père , mère , aïeule , tout est enseveli dans le silence» de la mort ; mais l’esprit qui les anima vous parle du fond de leurs

1 Louis XVI, alors dauphin.

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