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Tome troisième.
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DE ROQUETTE.

» il \ il, ce héros que l’art de vaincre rendit si redoutable , cl que le» seul art de régner, qu'il n’a pas moins connu, pouvait rendre si» célèbre. Je vois partout ses lauriers mêlés aux palmes de Marie-» Thérèse. Mais n’attendez pas, messieurs, que je vous raconte celte» suite de combats dont frémissait l’humanité ; ma voix n’est point» destinée à ces récits : ce que je dois vous faire observer, c’est le nou-» veau genre de force et de courage que Marie-Thérèse oppose à ce» nouveau choc. L’inévitable Frédéric est partout, prévoit tout, répare» tout, trouve le triomphe où ses généraux n’aperçoivent quelhumi-3) liation et le désespoir. C’est la foudre qui sillonne l’air d un pôle à» l’autre, et porte en tous lieux le ravage et l’effroi. Marie-Thérèse,

» immobile au fond de son palais, prévient, déconcerte , arrête tous» les mouvemeus d’un ennemi cpii semble se multiplier et se repro-« duire : c’est une colonne majestueuse, qui soutient seule un édifice33 immense, dont quelques morceaux détachés par la violence des3> secousses , n’ébranlent point la solidité. Le malheur et la gloire sont3> partagés. 3>

Portrait du curé de campagne.

« Transportons-nous dans les campagnes , voyons la misère dans son33 domaine; qu’apercevons-nous dans ces hameaux confusément épars?

33 une solitude morne, une nature triste et languissante , des toits déla-33 brés, des maisons de boue , où la lumière semble ne pénétrer qu’à33 regret ; partout la disette et le besoin sous les formes les plus hideuses3) et les plus dégoûtantes...

33 Ah ! du moins dans ces temples rustiques, décorés par la seule33 présence de la divinité qui les remplit, ces cœurs désolés trouvent des33 frères, des malheureux qui leur ressemblent!... Que dis-je! ils33 trouvent plus , ils y trouvent un père. Ce pasteur sur lequel la poli-3) tique peut-être ne daigne pas abaisser ses regards , ce ministre relé-» gué dans la poussière et l’obscurité des campagnes , voilà l’homme de3i Dieu qui les éclaire , cl l’homme de l’Etat qui les calme ; simple comme» eux , pauvre avec eux , parce que son nécessaire même devient leur3i patrimoine , il les élève au-dessus de l’empire du temps , pour ne leur3i laisser ni le désir de ses trompeuses promesses , ni le regret de ses» fragiles félicités ; à sa voix , d’autres cieux , d’autres trésors s’ouvrent» pour eux; à sa voix, ils courent en foule aux pieds de ce dieu qui3) compte leurs larmes, ce dieu, leur éternel héritage, qui doit les3i venger de cette exhérédation civile à laquelle une providence qu’on3) leur apprend à bénir les a dévoués. Les subsides , les impôts, les lois33 fiscales , les élémens même , fatiguent leur triste existence ; dociles3> a cette voix paternelle qui les rassemble , qui les ranime , ils tolèrent,33 ils supportent, ils oublient tout ; je ne sais quelle onction puissante» s échappe de nos tabernacles ; le sentiment toujours actif de cette autre» vie qui les attend , adoucit toutes les amertumes de la vie présente :33 ah ! la foi n’a point de malheureux ! ces mystères de miséricorde dont