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Tome troisième.
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NOTES SUR L’ÉLOGE DE ROQUETTE.

» on les enveloppe, ces ombres, ces figures , ce traité de protection et» de paix qui se renouvelle dans la prière publique entre le ciel et la» terre, tout les remue, tout les attendrit dans nos temples ; ils gé-» missent, mais ils espèrent, et ils eu sortent consolés.

» Ce n’est pas tout. Garant des promesses divines , ce pasteur , cetx ange tutélaire les réalise en quelque sorte dès cette vie, par les secours,» par les soins les plus généreux , les plus constans. Je dis les soins , et» peut-être, hommes superbes, n’avez-vous jamais bien compris lax force et l'étendue de cette expression. Peignez-vous les ravages d’un» mal épidémique, ou plutôt placez-vous dans ces cabanes infectes,x habitées par la mort seule, incertaine sur le choix de ses victimes :x hélas ! l’objet le moins affreux qui frappe vos regards ,• est le mourantx lui-même ; épouse , enfans , tout ce qui l’environne semble être sorti» du cercueil pour y rentrer pêle-mêle avec lui : si l’horreur du der-x mer moment est si pénétrante au milieu des pompes de la vanité,x sous le dais de l’opulence qui couvre encore de son faste l’orgueil-x leuse proie que la mort lui arrache , quelle impression doit-elle pro-x duire dans des lieux où toutes les misères et toutes les horreurs sontx rassemblées ! voilà ce que bravent le zèle et le courage pastoral. Lax nature, l’amitié, les ressources de l’art, le ministre de la religionx remplace tout ; seul au milieu des gémissemens et des pleurs, livréx lui-même à l’activité du poison qui dévore tout à ses yeux, il l’affaiblit,x il le détourne ; ce qu’il ne peut sauver, il le console, il le porte» jusque dans le sein de Dieu ; nuis témoins , nuis spectateurs , rien ne» le soutient, ni la gloire, ni le préjugé, ni l’amour de la renommée ,x ces grandes faiblesses de la nature , auxquelles on doit tant de vertus.» Son âme, ses principes, le ciel qui l’observe, voilà sa force et sax récompense. L’Etat, cet ingrat qu’il faut plaindre et servir, ne lex connaît pas ; s’occupe-t-il, hélas ! d’un citoyen utile qui n’a d’autrex mérite que celui de vivre dans l’habitude d’un héroïsme ignoré ' ? »

1 Nous croyons devoir nous permettre ici une observation. A la mort deLouis XIV , l’Académie ne fit point faire d’oraison funèbre 5 mais La Motteprononça, dans une séance publique, l’éloge du premier roi protecteur. Dansd’autres circonstances , l’Académie avait préféré tantôt une oraison funèbre ,tantôt un éloge, espèce d’bommage qui peut être plus convenable à un corpspurement littéraire , qui doit parler plutôt au nom de la raison qu’au nom deDieu. D’ailleurs, en se réservant la liberté de choisir entre ces deux genres,l’Académie s’assure l’avantage d’avoir à choisir entre tin plus grand nombrede talens, et celui de n’être pas condamnée à la monotonie d’un genre nécesosairement très-borné, et souvent exposée à donner au public des tours de foret}gu lieu de bons ouvrages.