DE CAUMONT. 5y
Moréri nous assure queM. le duc de La Force , notre confrère,a signale' son amour pour la religion en contribuant, par dessommes considérables, à l’entretien des missionnaires destinésà la conversion des calvinistes de France : on ajoute qu’il a mêmepoussé la générosité jusqu’à payer des pensions à plusieurs nou-veaux convertis. Nous supposons , pour l’honneur de son zèle,qu’en encourageant et en récompensant les prédicateurs et lescatéchistes , il les exhortait à la douceur et à la charité , si né-cessaires pour assurer le succès de leurs saints travaux ; et qu’endonnant des secours aux nouveaux convertis , il avait grand soinde les avertir, en catholique sage et éclairé , de ne pas prendrela séduction pour la persuasion , et de ne pas accorder à l’intérêtce qu’ils ne devaient qu’à la vérité.
ELOGE DE NESMOND 1 .
Il était d’une famille noble, originaire de l’Angoumois, éga-lement illustrée dans les armes et dans la magistrature. Un deses frères, dont le nom est célèbre dans la marine française , sesignala par plusieurs exploits , et par des prises considérablesfaites sur les ennemis. Un autre Nesmond, magistrat très-attachéà ses devoirs et uniquement occupé des travaux de son état, yavait sacrifié tous les goûts et toutes les qualités frivoles qui,dans la société, auraient pu le rendre ce qu’on appelle aimable;aussi sa conversation avait-elle le mérite de déplaire beaucoupà cette classe désœuvrée et chargée de son ennui, qui n’aimeet n’estime que ce qui l’amuse ; et c’est' de lui qu’une femme àqui on annonçait sa visite, disait en parodiant par une mauvaisepointe, un vers d’opéra , et en louant le président de Nesmondplus qu’elle ne pensait : N’aimons jamais ou n’aimons guère.
Henri de Nesmond , né avec les talens de l’orateur, en con-sacra de bonne heure les prémices dans la chaire évangélique ;le succès de ses prédications lui procura l’évêché de Montauban,d’où il passa bientôt à l’archevêché d’Albi ; ce fut alors qu’il
naire couronne prit donc en ge'missant le triste parti de laisser le vieil liugnenen paix, 11 mourut âge de quatre vingt-quinze ans, peu de temps avant la rvocation de l’édit de Nantes, dont il aurait peut-être été la victime, et qopéra la conversion de son petit-üls plus efficacement que n’auraient pu faitoutes les exhortations émanées du trône.
Henri de Nesmond, archevêque de Toulouse, reçu h la place d’EspiIléchicr, évêque de Nîmes, le 3 o juin 1710; mort au mois de juin 1737.