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Tome troisième.
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NOTES SUR L'ÉLOGE

N O T E S.

(O M. de Sacy imprima en 1724 le recueil de ses factums , avec unepréface critique sur la manière d'écrire qui s’est introduite au barreau.Ce recueil, qui est devenu rare, ne nous étant point tombé entre lesmains, nous ignorons quelle espèce de critique faisait M. de Sacy dustyle et de l’éloquence du palais ; mais nous présumons qu’il exhortaitses confrères à se permettre moins d’amplifications fastidieuses , moinsde déclamations ridicules, moins d’affectation et de recherche dansle style, moins d’imitation enfin dans la rhétorique des collèges ; enun mot, à être dans leurs plaidoyers et dans leurs mémoires , plusprécis , plus naturels et de meilleur goût ; qualités sans lesquelles onne peut être ni grand orateur , ni grand écrivain. On a vu quelquefoisdes gens de lettres , qui n'étaient pas même du premier ordre, plaideren personne leur propre cause ou composer leurs mémoires , et obtenirunanimement en ces occasions l’avantage le plus marqué sur des avocatsrenommés au barreau , qui, auprès- d’eux , paraissaient des pygmées ,quoique leurs adversaires ne fussent pas des géans. C'est qu’en généralles gens de lettres, exposés à des jugemens sévères, se refusent dansleurs écrits bien des écarts, des longueurs , des incorrections, des né-gligences que se permettent plus aisément les avocats accoutumés à unauditoire moins difficile et à des lecteurs plus indulgens.

(a) Quand nous avons dit que les écrivains du siècle d’Auguste sontpeut-être inférieurs à ceux du siècle suivant du côté de l 'esprit, notreintention n’a point été de rabaisser les premiers, dont la supériorité sibien reconnue est à l’abri de toute contestation; nous l’avons dit aucontraire, pour faire sentir aux jeunes gens que, malgré tout le prix,tout l’agrément, toute la nécessité même de l'esprit dans un écrivain ,la justesse et la sévérité du goût lui est indispensable pour obtenir l'hon-neur d’être placé aux premiers rangs. C’est par là que Virgile l'em-porte sur Ovide, Cicéron sur Sénèque, 1 [orace sur Perse et Juvénal.C est par cette pureté de goût que Despréaux et Racine sont des mo-delés dans l'art d’écrire. C’est par elle, et non par cette vraie ou faussechaleur dont on parle tant aujourd'hui, qu'un ouvrage est vraimentdigne de passer à la postérité. Oserions-nous ajouter que celle préten-due chaleur n’est jamais l’éloge qu’on adonné de préférence aux écri-vains vraiment célèbres des siècles passés et du nôtre? Quelques unsmeme d’entre eux, comme Despréaux, sont presque absolument dé-pourvus de cette qualité qu’on croit si nécessaire , et n’en sont pas moinsplacés avec justice au nombre des auteurs les plus illustres. La chaleurdes autres, lorsqu’ils en ont, est réglée par la raison et par le goût ;c est la chaleur de la santé , et non pas celle de la lièvre.

( 3 ) Les mêmes raisons qui, selon nous , rendent les ouvrages de