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» iité d'esprit ; si je la compare, dis-je, toute aux quatre années qu'il» m’a été donné de jouir de la douce compagnie et société de ce per-» sonnage, ce n’est que fumée, ce n’est que nuit obscure et ennuyeuse.
>j IVecj'as est ulld me voîuptale hîc frui.
» J’étais déjà si fait et si accoutumé à être deuxième partout, qu'il mea semble n ôtre plus qu’à demi.
» O misera jrater adempie müii '
» Ornnia lecum una perierimt gandin nostra ,
)> Ouœ tuus in vitd dulcis alebat amor. »
C’est ainsi que Montaigne, après avoir en quelque sorte épuisé sonpropre coeur pour exprimer sa douleur profonde , met encore, pourainsi dire, à contribution le coeur des autres, et va chercher dans lesexpressions les plus vives et les plus tendres que les anciens nous aientlaissées d’une douleur semblable, une nouvelle peinture et un nouvelaliment de la sienne.
Obligés, comme nous le sommes,de convenir que 1 eTraité deV Amitiéde M. de Sacy, très-estimable d’ailleurs, est fort inférieur au chapitrede Montaigne sur le meme sujet ; oserions-nous dire enéore, s’il estpermis de proférer ce blasphème littéraire, que nous trouvons aussibeaucoup à désirer, soit pour la sensibilité , soit pour la philosophie ,dans l’ouvrage que nous a donné Cicéron sur ce même sujet de Y Amitié?Ce grand orateur n’a guère fait autre chose dans cet ouvrage, que d’ex-primer en phrases harmonieuses des vérités utiles sans doute, mais unpeu froides et souvent communes. C’est en général ce que pensait Mon-taigne des ouvrages philosophiques de cet illustre écrivain ; et l’avis d’unsi grand juge et d’un si grand modèle en ces matières, servira de passe-port et de sauve-garde à notre humble et timide assertion. « Quant à» Cicéron, dit-il, les ouvrages qui me peuvent servir chez lui à mon» dessein, ce ■sont ceux qui traitent de la philosophie, spécialement» morale. Mais à confesser hardiment la vérité, car puisqu’on a franchi» les barrières de l’impudence, il n’y a plus de bride, sa façon d’écrire» me semble ennuyeuse, et toute autre pareille façon ; car ses préfaces,« définitions , partitions, étymologies, consument la plus grande part» de son ouvrage , ce qu’il y a de vif et de moelle est étouffé par ces» longuçries d’apprêt. Si j’ai employé une heure à le lire, qui est beau-» coup pour moi, et que je ramentoive ce que j’en ai tiré de suc et de» substance, la plupart du temps je n’y trouve que du vent; car il n’est» pas encore venu aux argumens qui servent à son propos , et aux rai-» sons qui louchent proprement le nœud que je cherche. Pour moi,» qui ne demande qu’à devenir plus sage, non plus savant ou plus élo-» quent, ces ordonnances logiciennes cl aristotéliques ne sont pas à» propos. Je veux qu’on commence par le dernier point. J’entends» assez ce que c’est que mort ou volupté ; qu’on ne s’amuse pas à lesn anatomiser. Je cherche des raisons bonnes et fermes d’arrivée, qui» m’instruisent à en soutenir l’effort. ÎNi les subtilités grammairiennes,