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Tome troisième.
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DE S AC Y. 77

» ni l’ingénieuse contexture de paroles et d'argumentation n'y servent.

» Je veux des discours qui donnent la première charge dans le tort du» doute ; les siens languissent autour du pot. Ils sont bons pour l'école ,

» pour le barreau et pour le sermon où nous avons le loisir de som-» ineiller, et sommes encore un quart-dheure après assez à temps pour» en trouver le fil. Il est besoin de parler ainsi aux juges qu'on veut» gagner à tort ou à droit, aux enl'ans et au vulgaire, à qui il faut touta dire, et voir ce qui portera. Je ne veux pas qu’on s'emploie à me» rendre attentif, et qu on me crie cinquante fois , or oyez, à la mode» de nos hérauts. Les Romains disaient en leur religion, hoc âge,» que nous disons en la nôtre sursùm corda. Ce sont autant de pa-» rôles perdues pour moi. J’y viens tout préparé du logis ; il ne me faut» point d’allécheinent ni de sauce; je mange bien la viande toute crue.» Et au lieu de m’aiguiser l’appétit par ces préparations et avant-jeux,» on me le lasse et affadit. »

Ce jugement, qui paraîtra bien téméraire aux admirateurs de Cicéron,a néanmoins d’autant plus de poids, que Montaigne rend d’ailleurs àl’orateur romain toute la justice due à son génie. « Quant à son élo-» quence, dit-il, elle est du tout hors de comparaison; je crois que» jamais homme ne l'égalera. » Nous pensons encore comme l’auteurdes Essais sur cette éloquence incomparable, et nous osons trouverDémostliènes même très-inférieur à Cicéron dans une des grandes par-ties de l’orateur, le sentiment et le pathétique. La seule harangue pourMilon, et la péroraison si noble et si touchante qui la termine, noussemble au-dessus du Discours pour la couronne , quoique regardé parCicéron même comme le chef-d’œuvre de son rival.

Dans le temps où M. de Sacy donna sou Traité de l'Amitié, il devintpère d’une fille, qui fut dans la suite une très-belle personne, et quirendit sa beauté inutile en se faisant religieuse. Un ami de notre acadé-micien célébra la naissance de cette enfant par quelques vers, où il disaitque l’auteur avait à la lois travaillé pour V Amitié et pour Y Amour. Lesvers étaient d’ailleurs trop faibles, et eu quelques endroits trop libres ,pour mériter d’être transcrits.

( 7 ) Voici ce qu’on trouve sur la perte de ce traité de Cicéron dans lesMémoires de M. l’abbé de Sade pour la Vie de Pétrarque. Ce poètecélèbre avait étudié la grammaire à Lise, et depuis à Carpentras, sousun habile 1 oscan, nommé Convennole. Cet homme de lettres, qui, ainsique beaucoup d’autres, n’avait pas fait fortune à ce métier, accablé d'an-nees et de misère, quitta son école pour venir traîner à Avignon une vielanguissante. « Pétrarque fut l’unique ressource de ce malheureux vieil—» lard, et ne lui manqua jamais dans le besoin. Quand ce grand poète» n avait point d’argent, ce qui lui arrivait souvent, il servait de caution» a son maître ; il poussa même la charité jusqu'à lui prêter ses livres» pour les mettre en gage.

» Cette bienfaisance a fait un tort irréparable à In république des