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Tome troisième.
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NOTES SUR L’ÉLOGE

» lettres. Pétrarque prêta à ce vieillard deux manuscrits précieux de» Cicéron, où était entre autres le traité de Gloria. Convennole les mit» en gage pour vivre. Pétrarque, qui s’en doutait bien , lui demanda ,» quelque temps après, où il les avait mis, dans le dessein de les retirer.» Le maître, honteux de ce qu’il avait fait, ne lui répondit que par des» larmes. Pétrarque lui offrit de l’argent pour qu’il allât les retirer lui—» même. Ah, lui dit Convennole, quel affront vous me faites ! Pétrarque» n’osa pas insister, pour ménager la délicatesse du vieillard. Cet infor-» tuné, chassé d’Avignon par sa misère, alla mourir à Prato en Toscane,» sa patrie, pendant que Pétrarque était à Vaucluse ; et les manuscrits» furent perdus , malgré tous les soins que Pétrarque se donna pour les» recouvrer. »

Varillas dit dans son histoire de Louis XI, que Philelphe ayant trouvéle traité de Cicéron de Gloria, le fondit dans un ouvrage qu’il intitula :De contemplu mundi, puis le jeta au feu, afin que son plagiat ne fûtpoint découvert. Philelphe n’a point fait de livre de coniemptu mundi,et par conséquent n’a pu commettre le plagiat dont on l’accuse. «Le» manuscrit du traité de Gloria était dans la bibliothèque d v un noble» vénitien, nommé Bernardo Justiniano, mort vers la fin du quinzième» siècle. Cette bibliothèque ayant été léguée à des religieuses , il arriva» depuis , que lorsqu’on y chercha ce livre, on ne le trouva point, ce» qui fit présumer que Pietro Alcyonio, leur médecin, homme peua scrupuleux, à qui elles permettaient l’entrce de leur bibliothèque,» pouvait bien avoir fait disparaître ce manuscrit, après en avoir trans-11 porté plusieurs morceaux dans son traité de Exilio, dans lequel ona remarque certains traits qui paraissent au-dessus de son génie. »Ménag., tom. 3, pag. i63.

Après cette discussion historique i nous serait-il permis de faire uneréflexion bien naturelle sur les traités du mépris et de la gloire, etc.,que tant de philosophes ont écrits ? Ils n’auraient pas fait tant d’effortspour nous refroidir sur cet objet, si la nature ne nous donnait à cetégard des impulsions toutes contraires et très-puissantes, qui n’ont pasbesoin de livres pour se faire sentir : on a écrit sur le mépris de lagloire, parce que la gloire , quoi qu’on en dise , est pour ceux qui ensont dignes, un prix très-flatteur de leurs travaux ou de leurs vertus,et qu il est plus commode de la dédaigner que facile de l’obtenir. Parlezde la gloire, nous dit la saine raison, comme d’une maîtresse dont ilfaut jouir ainsi que de sa fortune, sans en être l’esclave, sans y attachersi étroitement son bonheur, qu’on devienne malheureux lorsqu’elletrompe les désirs, mais sans aflecter aussi, comme tant de faux sages,fie préférer, contre leur conscience, l’obscurité à la renommée ; con-tentez-vous d’opposer la douce tranquillité de la •première à l’éclat ora-geux de la seconde, pour la consolation de ceux qui n’aspirent point ài tre célèbres. Toute autre philosophie est plus grande que nature, etpasse les bornes de la sagesse.

Rien n’est beau que le vrai, le vrai seul est aimable,