8o NOTES SUR L’ÉLOGE
pour confrères. Les réflexions qu’on va lire ont pour objet la manièrede penser de l'Académie au sujet des visites ; quoique détaillées un peulonguement, elles ne peuvent avoir plus de poids que dans la bouched’un académicien, que plus de quarante années de zèle et d’assiduitéavaient mis à portée de bien connaître l’esprit et les maximes du corps.L’abbé d’Olivet continue donc ainsi sa lettre :
« Paris a raisonné là-dessus comme sur toute autre nouvelle, sans» examiner si le principe d’où l’on part est certain. On pose donc ici» pour principe, que nous exigeons des visites, et que nous avons un» statut par lequel il est dit que nous ne recevrons personne qui n’ait» sollicité. Mais ce sont de ces devoirs, qui n’ont pour tout fondement» que la possession où ils sont de n’etre pas contredits.
» Où prend-on en effet que nous ayons un statut qui contienne rien» d’approchant? Tout ce qu il y a de prescrit à cet égard, c’est qu’il» se tienne pour chaque élection deux assemblées ; la première est pour» déterminer quel sujet on proposera au roi notre protecteur, et la3) seconde, pour l’élire dans les formes si le roi a donné son agrément.» ( De ces deux assemblées, la dernière a été supprimée depuis , comme3) on le verra plus bas.)
3) Mais ce sujet, comment le choisir ? Ou la compagnie jettera d’elle-3 ) même les yeux sur qui elle voudra, ou ceux qui le désirent se feront33 connaître à la compagnie. Il n’y a que ces deux moyens, et il ne3 ) peut y en avoir un troisième.
33 On pencherait sans doute pour le premier, si le titre d 'académicien3 > était un simple titre d’honneur, et s’il était permis à la compagnie de33 le donner au mérite qui lui paraîtrait le plus éminent. Mais il n’en33 est pas ainsi. Outre l’honneur qu'on y attache , c'est un litre qui nous33 met dans l’obligation de participer aux travaux de la compagnie,33 avec plus ou moins d’assiduité, selon que nos autres devoirs nous le33 permettent. Or, sous prétexte de faire honneur à quelqu’un, est-il33 juste qu’à son insu on lui donne un titre onéreux ?
33 Je doute que M. l’élisson eût assez fait réflexion là-dessus, quand33 il dit que Messieurs de l’Académie, lorsqu’ils ont à se choisir un33 collègue , devraient toujours nommer le plus digne sans meme qu’il33 s’en doutât. Car enfin, monsieur, ne peut-il pas arriver que celui33 qu’on aura nommé ait des raisons pour ne point accepter? on offrira33 donc alors cette même place à un autre ; et puis, peut-être, à un33 autre encore. ( v )u’y aurait-il de moins convenable à la dignité de la33 compagnie, et de moins flatteur pour celui à qui la place demeure-33 rait ? 33
« Personne , dit M. Pélisson, ne refuserait cet honneur. Vous voyez33 qu’il en parle toujours comme d’un bénéfice sans charges. Ou, ajoute-33 t-il, si quelqu’un était si bizarre, toute la honte et tout le blâme en33 serait sur lui. Oui, s’il refusait avec mépris et par caprice ; mais» non, s’il remerciait avec politesse, avec reconnaissance et par un33 principe de probité; alléguant que son emploi, ou ses infirmités ne