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Tome troisième.
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DE SACY. 8t

» souffrent pas qu’il vaque à nos exercices, et ne voulant point contrac-» ter un engagement qu’il n’est pas le maître de remplir.

» Quand même cet inconvénient serait peu à craindre, ne serait-ce» pas pour l’Académie une difficulté bien grande, ou plutôt insurmon-» table, que de choisir toujours le plus digne? Je ne sais s’il pourrait» lui arriver, dans tout un siècle, de faire deux ou trois choix dont per-» sonne absolument ne murmurât, comme d’une préférence aveugle,» Car la république des lettres, si l’on s’en rapporte à l'idée que ses» citoyens ont d’eux-mêmes, n’est composée que de patriciens. Tous,» depuis le philosophe jusqu’au chansonnier, croient se valoir les uns>> les autres. On y passe même pour très-modeste , quand on croit nea valoir pas mieux qu’un autre.

» Tout cela, si je ne me trompe, fait voir que nécessairement il faut» user du second moyen dont j’ai parlé, c’est-à-dire que ceux qui se» proposent d’occuper une place dans l’Académie, doivent lui fairea connaître leur intention.

» Mais, dit-on, cela occasione des. brigues. Je n’en disconviens» pas. Pourquoi n’est-il pas aussi facile de les empêcher, qu’il est rai-» sonnable de les blâmer ?

» Mais, dit-on encore, il s’ensuivra toujours de là qu'un homme» modeste, quelque mérite qu'il ait, prendra le parti de se tenir à» l’écart, pendant que la présomption et la hardiesse triompheront.» C’est une conséquence mal tirée. Quelque modeste que soit un ora-» teur, un poète, un savant, il n’en vient pas à un certain degré de■» mérite , sans être connu malgré lui : et du moment que nous le con-» naîtrons, en vain tâcherait-il d’imposer silence à l’envie que nous» aurions de nous l’associer. Il n’y aurait qu'un cri dans l’Académie» pour avoir un collègue si propre à nous faire honneur, et à nous aider» dans nos travaux.

» Mais enfin les visites sont-elles d'obligation ? Je réponds hardi-» ment, non ; et en voici la preuve, qui est telle qu'on n’a rien à» répliquer. Vous savez qui fut reçu le 25 novembre 1725. Assurément» nous ne doutons , ni vous ni moi, que ce ne soit le moindre des aca-» démiciens , quoi surit, quoique fuere, quoique erunt aliis in annis.» Or , il fut élu dans un temps où , depuis plus de six mois , il était au» fond d’une province éloignée. Un homme qui est à Salins, rend-il» des visites dans Paris ? On ne laissa pas de l’élire, sur ce que les amis» qu il avait dans la compagnie, répondirent qu’il serait vivement touché» de cette faveur.

» Il résulte de ces raisonnemens et de ces exemples , que l’obligation» de ceux qui pensent à l’Académie , se réduit à faire savoir, ou par» eux-mêmes, ou par quelque académicien, qu’ils y pensent. Voilà,» dis-je , 1 obligation étroite, qui pourtant n’exclut pas ce qui est dicté» par la politesse. A cela près , rien de plus odieux pour nous que les» visites intéressées. »

On voit bien que l'académicien qui fut reçu le 2.5 novembre 1720,3 - (i