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Tome troisième.
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ÉLOGE

il venait de traduire, en vers français , je 11 e sais quels vers latinsde ce jésuite su,r la révocation de l’édit de Nantes. Plusieurs an-nées après , quelqu’un lui parlant de cette traduction, lui avouaitIranchenient qu’elle n’était pas trop bonne. Elle ne méritait pasd’être meilleure, répondit-il, n’en parlons plus ; j’en ai honteaujourd’hui (3). Nous souhaitons!, pour l’honneur de M. deLa Monnaye , qu’il ait pensé de même de la sienne. Nous sommesplus sûrs du parti qu’il aurait pris , si le malheur de son étoilel’eût fait naître dans une autre croyance que celle du monarque.Nous jugeons de ses dispositions à cet égard, parla manièredont il s’exprime dans une de ses lettres, sur la résistance dé-cente que montrait la savante mademoiselle Lefèvre , depuismadame Dacier, à rentrer au giron de l’Eglise catholique. Jem’étonne , dit M. de La Monnaye , qu’avec tant d’esprit elle soitencore huguenote ; ce n’est plus que la religion des dupes : aussije crois quelle prétend bien changer , mais quelle attend le bonmoment, et quelle veut faire servir ce changement à sa fortune.Il est à croire que celui qui parlait si légèrement sur là conversiontrop lente de son amie, n’aurait pas tardé autant qu’elle à semontrer docile aux enseignemens de l’Eglise et aux volontés deson roi. Ce qu’on peut au moins assurer, c’est qu’il faisait grandcas des ouvrages de Bossuet contre les protestans ; il donnait sur-tout de grands éloges à son Histoire des variations. Je tiens,disait-il , l’hérésie afsoyimée de ce dernier coup. Le ministreClaude en mourrait, s’il n’était mort, et Jurieu en va mourir.Mais l’intrépide Jurieu n’en mourut pas, et malheureusementl’hérésie en mourut encore moins.

Deux années après, il remporta un cinquième prix , qui paraîtavoir été le terme de ses combats académiques. Courbé sous seslauriers , il se condamna lui-même au silence, pour laisser dé-sormais le champ libre à ses rivaux, qui durent se trouver fort àleur aise de n’avoir plus à lutter contre un concurrent si re-doutable.

Il ne renonça pourtant pas à la poésie : il traduisit en versfrançais un poème espagnol fort célèbre dans cette pieuse na-tion (4) , et intitulé la Glose de Ste.-Thérèse 1 ; madame de La

' « J’aimais beaucoup Ste.-Thérèse , dit un écrivain moderne, parce qu’ellç» a dit, en parlant du diable, ce malheureux condamné h ne jamais rien« aimer, expression pleine de sentiment ; mais j’ai perdu un peu de l’aflee-11 tion que j’avais pour elle, en lisant dans un autre endroit de ses écrits,)i qu’il ne devait y avoir que deux prisons dans le monde, celle de l’inqui-» sition pour ceux qui ne croient pas, et les Petites-Maisons pour ceux» qui croient et qui pèchent. En conséquence de ce rare jugement, tous lesy hommes doivent être enfermés ou brûles. » L’édiüante tendresse de cetteSainte pour l’inquisition, n’empécha pas qu’elle ne fût elle-même enfermée