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Tome troisième.
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y» ÉLOGE

lui donnait la force du lion et la douceur du nard C’est ainsique les Saints étaient loués.

Un de nos intrépides poètes latins et grecs , le savant GillesMénage, n’était pas aussi modeste que M. de La Monnaye surses productions en ce genre. Si vous voulez devenir bon poètelatin, disait-il à un jeune homme qui le consultait, lisez lesvers de J^irgile et les miens ; et nous dirons de notre côté auxjeunes poètes: Si vous voulez apprendre à. faire de bons versfrançais, ne lisez pas ceux de Ménage. C’est pour ce mêmeérudit que M. de La Monnaye , son rival en poésie ancienne etmoderne , fit cette espèce d’épitaphe :

Laissons en paix monsieur Ménagé ;

C'était un trop bon personnagePour n'ètre pas de ses amis :

Souffrons qu’à son tour il repose,

Lui de qui les vers et la proseNous ont si souvent endormis.

Notre académicien réussissait quelquefois passablement dansces petites épigrainmes, et beaucoup mieux que dans des piècesplus longues et plus sérieuses. Un poète très-connu par sa mal-heureuse facilité à faire de mauvais vers, ayant fait paraître unetraduction rimée des œuvres d’Horace , et n’ayant pas craint demettre l’original en regard avec sa détestable version , M. deLa Monnaye écrivit ces quatre vers à la tête du livre :

On devrait, soit dit entre nous ,

A deux divinités offrir tes deux Horaces :

Le latin à Venus, la de'esse des Grâces,

Et le français à son epoux.

En qualité de poète , il avait déjà mis quatre langues à contri-bution , car il faisait aussi des vers grecs et des vers italiens : ilentreprit d’y mettre jusqu’au patois de son pays ; il composa sesNoèls bourguignons , la meilleure de toutes ses productions poé-tiques. Le succès en fut si grand dans sa province, qu’il s’étenditjusqu’à la cour , où tout le monde voulut apprendre le patoisbourguignon et chanter les noèls. On assure cependant que lesavant Dumai , compatriote de l’auteur, ne trouvait dans cesnoèls qu’une assez faible connaissance du patois qui en avait faitla fortune. Mais on n’en savait pas tant à Paris et à Versailles ,où ces chansons avaient la plus grande vogue. Elle fut si grande,qu’elle souleva contre l’auteur une classe d’hommes très-redou-

1 Leone tu forlior,

JYardoque tu suavior*