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n’aimail ni les louanges ni ses vers même. Ou avez-vous pris,écrivait-il à un de ses amis avec une espèce d’humeur , toutesles fadeurs que vous me dites? Vous êtes bien heureux de ceque mes vers ne sont pas bons ; s’ils l’étaient, soyez sûr que ,dans la colère ou je suis contre vous , je me garderais bien devous les envoyer.
Pressé de nouveau par les sollicitations de ses amis, il vintenfin s’établir à Paris en 1707 , et dès ce moment il eût été del’Académie Française, si sa modestie et sa timidité naturelle luiavaient permis de demander cette place. Il prit enfin sur lui, aubout de quelques années, de faire les démarches nécessaires pourobtenir le titre dont ses ouvrages , son savoir , son caractère , lerendaient si digne et depuis si long-temps : il fut élu d’une voixunanime, et le roi, en approuvant son élection , témoigna com-bien ce choix lui était agréable. Sa réception fut une des plusbrillantes et des plus nombreuses qu’on eût vues jusqu’alors, ellefut même remarquable par un événement qui fait époque dansl’histoire de la compagnie. Les cardinaux académiciens se dis-pensaient depuis long-temps d’assister aux séances , tant parti-culières que publiques, parce qu’ils croyaient des fauteuilsindispensables à leur dignité , et que les académiciens n’avaientalors que de simples sièges. Ces cardinaux désiraient cependantde se trouver à l’élection deM. de La Monnaye , à qui ils vou-laient donner par leur suffrage une marque distinguée de leurestime ; le roi, pour satisfaire à la fois leur délicatesse d’amis etleur délicatesse de cardinaux, et pour conserver en même tempsl’égalité académique dont ce monarque éclairé sentait tous lesavantages, fit envoyer à l’assemblée quarante fauteuils pour lesquarante académiciens : ce sont ces mêmes fauteuils que nousoccupons encore aujourd’hui; le motif auquel nous les devonssuffirait pour rendre la mémoire de Louis XIV, précieuse auxlettres , qui ont d’ailleurs à ce monarque des obligations bienplus importantes.
A peine arrivé à Paris , M. de La Monnaye fit à Despréanxune galanterie vraiment érudite. Il apprit que ce grand poèteavait dit : On a traduit plusieurs de mes pièces en latin , enitalien , en espagnol, en portugais, en anglais et en allemand jpersonne ne m’a encore fait l’honneur de me traduire en grec.M. de La Monnaye voulut lui donner cette satisfaction, et miten vers grecs hexamètres la sixième satire , celle qui est connuesous le nom des Embarras de Paris. Il aurait pu mieux choi-sir ; mais nouvellement arrivé de sa province , peu accoutuméau fracas de la capitale , et en ayant les oreilles étourdies , ilcrut apparemment que cette disposition lui fournirait des termes