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Tome troisième.
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yB ÉLOGE

remarques, de discussions, enfin d’anecdotes de toute espèce,principalement relatives à l’histoire littéraire , dans laquelleM. de La Monnaye était très-versé. Cette édition , reçue avec lamême avidité que les Noèls bourguignons, essuya aussi lesmêmes traverses. La superstition , l’hypocrisie et l’envie son-nèrent de nouveau l’alarme, sous prétexte de quelques traitsprétendus scandaleux, que M. de La Monnaye n’avait rapportésqu’en les condamnant. Les inexorables censeurs demandèrent lasuppression, ou du moins la correction sévère de l’ouvrage ; leurfureur allait jusqu’à exiger le sacrifice des articles les plus inté-ressans. Le cardinal de Rohan, qui aifnait les lettres et mépri-sait le zèle fanatique et persécuteur , lui imposa silence en pre-nant ces articles sous sa protection. Il fallut cependant, pourapaiser les clameurs , que l’auteur consentît à la mutilation dunouveau Menagiana ; mais comme les réviseurs joignaientl’ineptie au fanatisme , ils eurent la bonté, dit M. de La Mon-naye lui-même, de laisser par-ci par-là des articles plus licen-cieux que ceux qu’ils avaient supprimés. Ce ne fut pourtantqu’avec beaucoup de peine et de dégoût que l’auteur se soumità tronquer ainsi son propre ouvrage ; il avouait à ses amis qu’ilne faisait plus que réparer des ruines, et qu’il en serait de sonlivre, mutilé et récrépi de la sorte, comme du Pélops de lafable , quand les dieux eurent mangé son épaule ; celle qu’ils luirendirent , disait-il , quoique blanche , n’était qu’ime épauled’ivoire. Cependant, malgré ces amputations, le Menagiana,tel qu’il est , mérite d’être distingué de cette foule de compila-tions, ou plutôt de rapsodies , que le seul nom d ’Ana rend sus-pects, et qui ne sont pour la plupart qu’un ramas de mensongeset de sottises, propres à déshonorer la mémoire de ceux à qui onles attribue.

Ce recueil néanmoins ne trouva point grâce devant tous lesgens de lettres. L’inexorable Barman , à qui l’érudition mêmecessait de plaire , dès qu’elle n’était pas aride et hérissée, appelait,avec son urbanité ordinaire, M. de La Monnaye un grand et in-fatigable déterreur de bagatelles ( indefessus et mirandus nuga-rum indagator ) : mais Burraan fut le seul de son avis ; on laissason érudition pesante juger avec toute la grossièreté pédantesque,l’érudition légère de M. de La Monnaye ; et l’Europe littérairepréféra les bagatelles agréables du nouveau Menagiana auxbagatelles ennuyeuses de son détracteur.

La bile âcre et grossière , dont ce lourd commentateur étaitdévoré , aimait surtout à s’exhaler contre la France. C’est unpays , disait-il, dont aujourd’hui les habitons, même ceux quifont profession de littérature, ressemblent à ces animaux qu'en.