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Tome troisième.
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DE LA MONNAYE. rjq

les vers prouvent qu’au moins dans ses dernières années ii se conten-tait aisément en matière de poésie. Néanmoins, dans le même tempsoù il se permettait cette mauvaise prose rimée, il faisait les bellesscènes de Psyché qu’on peut mettre au nombre de ses chefs-d’œuvre ;tant il est vrai que l’instinct seul, et non le goût, lui dictait sesimmortelles productions! Les poètes que renfermait alors l’Académie,et par conséquent les juges de M. de La Monnaye ( le grand Corneillemis à part ), étaient Chapelain, qui faisait des vers, comme tout lemonde sait, Cotin, Le Clerc, Perrault, Cassagnes, Boyer, Desmarets,tous écrivains que nous n’osons presque nommer ; Gomberville quiavait plus fait de mauvais romans que de bons vers; Quinault, Go-deau et Segrais, poètes faibles ( car Quinault n’avait encore fait queses tragédies ), et encore plus poètes que connaisseurs ; Regnier Des-marais, au-dessous de ces trois derniers, et comme connaisseur etcomme poète; Furetière enfin, qui ne réussissait et ne se connaissaitqu’en vers satiriques; ajoutons-y, parmi les académiciens non poètes ,Patru, Pélisson, Conrart, Bossuet, bons juges de prose, mais mé-diocres juges de poésie ;

JITulti prætcrea , quos fama obscura recondii.

Ne soyons donc pas surpris qu’avec de tels juges, et il y a cent ans,la pièce de M. de La Monnaye, où il se trouve en effet quelques beauxvers, comme nous le verrons dans la note suivante, ait été non-seulement préférée à des rivales très-inférieures, mais couronnée avecéloge ; pardonnons à nos prédécesseurs un jugement que nous aurionsalors porté comme eux.

(2) On peut juger du mérite de cette pièce, qui n’est que de centvers, par les vers suivans, qui la feraient aujourd’hui rejeter duconcours à la première lecture.

Grand et fameux auteur , dont la plume éloquenteFait céder aujourd’hui le Tibre à la Charente;

Toi qui sus la belle âme au bel esprit mêler ,

Fit le soin de bien vivre au soin de bien parler ,

Balzac , il est trop vrai, par un abus étrange,

La terre sur le ciel usurpe la louange .

Certes, le grand Louis, ce monarque achevé,

Dont plus haut que le rang le coeur est élevé,

De l’arbitre du ciel, du roi de la nature,

Fait reluire a nos yeux une vive peinture ;

Sagesse, esprit, grandeur, conrage , majesté,

Fout nous montre en Louis une divinité .

Combattre en même temps et Vhiver et VEspagne,

Étonner l’univers d’une seule campagne .

Mais du secours divin le plus puissant effet,

C’est un charme en nos jours heureusement défait .....

Et d’un triste duel fuyant le sort obscur ,

Tombez en arborant nos drapeaux sur un mur .