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Tome troisième.
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IÜO

NOTES SUR L’ÉLOGE

Sans ternir votre fer d’un trop vil attentat ,

Laissez vivr.e, et vivez pour ie Lien de l’Etat.

Que le duel banni va nous sauver de vies !

Que ne vous devront pas nos neveux a leur tour ,

Qui peut-être sans vous ré auraient pas vu le jour !.....

La gloire aux souverains est un prix assez doux ;

On prise ses faveurs en prisant le mérite .

Les grâces du portrait vantent l’original ,

Et l’on bénit la source en louant le canal.

Il est vrai qu’au milieu de ces vers, ou durs, ou faibles, ou pro-saïques , d s’en trouve d’assez heureux ; tels ceux-ci :

A de honteux objets, h de faibles mortels ,

Un flatteur idolâtre érigé des autels ;

Et souvent l’inte'rêt, habile en l’art de feindre,

A mis la foudre en main à qui devrait la craindre.

Tels qu’on vit ces Thébains , tiers enfans de la terre ,

Sc livrer en naissant une mortelle guerre,

Et du sang que leurs, troncs répandaient h grands flots,

' Engraisser les sillons dont ils étaient éclos.

Tels et plus acharnés à leur perte fatale;

Cherchant dans leur trépas une gloire brutale ,

L’Espagne a vu long-temps nos soldats s’égorger,

Et prendre dans nos champs le soin de la venger.

Cent peuples alarmes du bruit de nos conquêtes,

Sous les coups qu’ils craignaient, voyaient tomber nos têtes,

Surs que de deux guerriers en ce clioc.malheureux,

L'uu périrait pour nous , l’autre vaincrait pour eux x .

Portez sur d’autres bords un plus noble courroux ;

Ce bras que vous perdez, Français , n’est point à vous ;

Par un sinistre emploi sa valeur est flétrie :

Mourez, mais en mourant servez votre patrie.

On trouve dans cette pièce quelques autres bons vers que nouspourrions citer encore. C’en était peut-être assez, en 1671, pourcouronner et même pour louer un ouvrage de poésie 5 mais ce n’enest pas assez pour le préférer cent ans après à des ouvrages beaucoupplus estimables.

( 3 ) Fontcnelle, élève des jésuites, et leur ami, quoique sur biendes points il ne pensât pas comme eux, leur a fait plus d’une fois lagalanterie de traduire eu vers français leurs vers latins. On trouvedans le recueil de ses oeuvres, la traduction de deux pièces du pèreCommire, dont une entre autres a pour objet le rétablissement de lasanté du roi en l’année 1686, oii une fistule à l’anus pensa enlever lemonarque à l’adoration de ses sujets. C’était un an après la révoca-tion de l’édit de Nantes, et il était bien juste qu’un jésuite célébrâtdans sa pièce un événement si récent et qui lui paraissait si avanta-

* Périrait pour nous ne signifie pas serait perdu pour nous , que le pociea voulu dire; mais la pensée est d’ailleurs heureuse et bien exprimée.