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NOTES SUR L’ÉLOGE
manière. Mais ce rjni doit être une belle leçon pour les princes persé-cuteurs, cette église, entreprise d’abord avec assez de zèle, a étéensuite abandonnée, parce que l’autorité permettait de la construire,et que la piété catholique ne trouvait point de persécution qui lasoutînt et l’animât. On doit cependant regretter, pour l’instructionde tous les souverains, que l’église n’ait pas alors été achevée, neiût-ce qu’à cause de l’inscription qu’on se proposait d’y mettre.
Du règne de Frédéric et du pontificat de Benoit XIV. Le chef del’église romaine mis ainsi en pendant, pour ainsi dire, avec le plusillustre des princes'protestans, aurait donné dans ce peu de motsune belle leçon de tolérance ; et le pape Benoît XIV était digne decet honneur '. Enfin, en 1774 , l’église dont il s’agit a été mise dans unétat décent pour le service catholique ; et le monarque y a fait placerune inscription plus belle encore que celle dont nous venons de par-ler, ou du moins plus faite pour être entendue de la multitude, àlaquelle il faut toujours parler dans les inscriptions publiques.
Bredéric III , roi de Brasse , a permis aux catholiques de ses Etats debâtir cette église , pour montrer qu’il ne hait pas ceux qui rendent à ladivinité un autre culte que lui.
( 4 ) Quoique nous nous contentions ici de donner l’épithète depieuse à la nation espagnole, nous sommes bien persuadés qu’elle estfaite pour en mériter de plus flatteuses. Cette nation, qui n’a guèreété jusqu’ici que dévote et timorée, sera, quand ses rois le vou-dront, éclairée et philosophe; condamnée depuis long-temps auxténèbres, mais ayant reçu de la nature des yeux pénétrons, elle esttoute prête à recevoir la lumière, et n’attend qu’une main qui la luiprésente. Pour juger de ce qujelle est capable de faire, qu’on lise sesphilosophes et ses théologiens scolastiques : on s’affligera , il est vrai,de la sagacité que ces auteurs ont prodiguée sur des objets qui le mé -citaient si peu ; mais en gémissant de voir tant d’esprit perdu; onverra en même temps qu’il ne manquait à celte sagacité que des ali-mens plus solides. Ces alimens lui avaient été constamment refusésdepuis Charles-Quint jusqu’à nos jours, grâce aux atrocités du Saint-Office, à la superstition barbare de Philippe II, et à la faiblesse dessouverains qui ont régné depuis en Espagne durant plus de cent cin-quante années. C’est au monarque qui la gouverne aujourd’hui, et àqui l’Europe a l’obligation de la destruction totale des jésuites, àdélivrer ses malheureux sujets des entraves où les resserre l’abomi-nable tyrannie de l’inquisition , et à favoriser dans ce beau royaumele progrès des sciences et des lettres. 11 a , dit-on, encouragé ce pro-grès dans ses propres enfans. Un d’eux, l’infant dom Gabriel, a misau jour, il y a peu d’années, une excellente traduction espagnole deSalluste, qu’il a enrichie de notes supérieures à la traduction même.Nous ne craignons point de l’assurer, les Espagnols, animés et con-
1 « Je compare, disait Benoît XIV, le roi de Prusse à l’empereur Julien ;* les rapports en sont frappairs : même ardeur pour les sciences, même amour» pour les savans , même passion pour la gloire, mémo valeur dans les com-» bats, mêmes succès à la guerre. >1