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Tome troisième.
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DE LA MONNAYE.

duïts par un tel guide, se mettront bientôt au niveau des nations lesplus éclairées de l’Europe, et peut-être les surpasseront : la vérité,

Ja raison, les connaissances solides ne trouveront point chez eux les

obstacles que leur a souvent opposés parmi nous la haine de plusieurshommes accrédités, la persécution sourde ou déclarée qu ils ont exer-cée contre le mérite, et surtout la frivolité de la nation. E Europe ,écrivait un philosophe à un Espagnol, est une gatere qui vogue au grédes rois et des ministres ; les bons écrivains français sont a la chiourme ,et rament de toutes leurs forces pour faire avancer le navire ; on lesaccable de coups , non pour accélérer , mais pour retarder ou empêcherla manoeuvre ; tandis quils rament et qu'ils souffrent , les Espagnolssont à fond de cale ; mais les Français les approchent du port , sansqu ils s’en aperçoivent , et il pourrait bien se faire quau moment ou lenavire abordera , les Espagnols sortent tout à coup du fond de cale ,et sautent sur le rivage avant les Français. De toutes les nations deVEurope, la nation anglaise est la seule qui ne soit ni dans ce navire ,ni surtout à la chiourme : il y a long-temps quelle a eu le bonheur d ar-river au port dans un vaisseau meilleur voilier que le notre ; et tous lesautres peuples , destinés à être encore le jouet de ¥ orage, peuvent leurdire comme dans fEnéïde :

Fivite felices , quibus est fortuna peractaJani sua ; nos alia ex aliis in Jata vocamur ,

F~obis parta quies , nullum maris cequor arandum 1 .

Le président de Montesquieu disait que l’Allemagne était faite poury voyager , l’Italie pour y séjourner, l’Angleterre pour y penser , et laFrance pour y vivre. Quelqu’un ajoutait avec trop d’humeur et de du-reté, et l’Espagne pozz/ - y mourir , parce que le pays et la nation, disait-il,sont si triste^ que c’est le séjour où l’on doit quitter la vie avecle moins de regret. Mais si ce beau royaume secouait enfin le joug dela superstition religieuse, de l'inquisition monâcale et de l’ignorancequi en est la suite, il pourrait alors être fait plus qu’aucun autrepour y vivre et pour y penser. ^

(5) Nous rapporterons ici ce singulier sermon, et nous y joindronsune traduction française. On y trouve le conte du *Calendrier desvieillards , qui avait déjà été mis en œuvre par Bocace, et qui l’adepuis été si bien par La Fontaine. Il y a seulement cette différenceentre le conte et le sermon, que dans celui-ci c’est une femme quis’excuse du devoir conjugal, et que dans le conte c’est un vieux mari.Ecoutons à préscut S. Vincent Ferricr, en son sermon de S. Jean-Baptiste : Zacharias ergo veniens de oratione mutus , intravit domumsuam , et non potui £ ltK}ui uxori , nec petere débitum verbo , sedsignis .Et admirans Elisabeth , dicebat : liai ! haï ! haï ! Domine benedictusDeus ! quid habetis ? quid accidit vobis ? Nihil sciens de annuncia-tione Angeli . Et cepit eam inter brachia . Çogitate qualiter Elisabeth

1 Vivez heureux, vous dont le repos et le bonheur sont assures, qui n'avezplus (le mers à courir et h craindre; pour nous, le destin nous traînera encorelong-temps de malheurs en malheurs*