DE LA MONNAYE. 109
(7) Yoici cette épitaphe de M. de La Monnaye, faite par lui-même.Elle est écrite avec élégance et simplicité. Nous nous dispenserons dela traduire, parce que le genre de mérite qu’elle peut avoir disparaî-trait dans la traduction, comme celui de beaucoup d’autres produc-tions latines modernes :
Bçrnardus , placidâ composlus puce, Moneta ,
Conditur hîc : artes cui placuere bonœ ;
Cui tribuit crebras Academia Gallica lauros ,
Qui latias etiam cecropiasque tulit;
Félix ! in fluctus incaulum egisset in altos ,
P~exare ingenuum fraus meditata caput !
Hœc attriuit opes, studiorum hœc otia rupit,
Forsan et bine mors est aspera visa minus.
Communem sensit conjux dilecta dolorem ,
Hic propè dilecti quœ cubât ossa viri.
JYon his ambilio , non sedit peciore livor,
At simplex probïlas, et sine labefides.
Credibile est animas , adeb virtutis amantes ,
Ad quos hœc abiit nunc habitare locos.
On trouvera les autres pièces latines et grecques de M. de La Mon-naye dans le recueil donné par l’abbé d’Olivet, des poésies faites ences deux langues par les académiciens français. L’éditeur n’a pas jugéà propos d’insérer dans ce recueil la traduction en vers grecs, dontnous avons parlé, des Embarras de Paris, de Despréaux, non plusque la traduction’en vers latins, faite aussi par M. de La Monnaye,du commencement du Lutrin : on peut voir cette traduction dans lequatrième volume du Menagiana, avec deux autres du même auteur;la première (en vers français ), du commencement de VIliade; et laseconde ( en vers grecs ), du commencement de VEnéide. Si l'onjugeait de ces vers grecs et latins par les vers français qui les accom-pagnent, on devinerait la raison qui a déterminé l’abbé d’Olivet à lessupprimer. Mais il n’y a pas d’apparence qu’ayant précieusementrecueilli les autres pièces grecques et latines de M. de La Monnaye,il ait jugé moins favorablement celles dont il s’agit. Le désavantageque sans doute elles avaient à ses yeux de n’être que des traductions,est vraisemblablement le motif qui les a fait exclure ; et il faut avouer,pour la consolation des lecteurs, que la perte est médiocre.
ÉLOGE DE PONGET DE LA RIVIÈRE \
E amour des lettres fut sa passion dominante dès sa plus tendrejeunesse. Il étudia les grands écrivains , anciens et modernes ,
' Michel Poucet de La Rivière , évêque d’Angers, reçu à lanard de La Monnaye, le 10 janvier 1729; mort le 2 août 1730.