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Tome troisième.
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u.{ ÉLOGE

taient pas le fiel et l’injure à la place des égards et de l’estime.L’attachement constant et sincère de La Motte pour La Faye ,qui n’avait fait que critiquer ses opinions avec décence, et sonéloignement pour le poète Rousseau , qui avait attaqué dure-ment ces mêmes opinions , prouvent que l’amour-propre desauteurs serait plus rarement offensé qu’on ne croit, s'il ne sen-tait pas qu’on a eu intention de l’offenser ; il dissimulerait aumoins son chagrin secret , dès qu’il ne pourrait se plaindre sansse laisser voir trop sensible. Sans doute il serait encore plus es-timable et plus sage d’oublier jusqu’aux injures même ; mais cen’est pas à ceux qui.se le permettent à trouver étrange qu’on ensoit blessé, encore moins à s’étonner que ces injures rendentleur critique infructueuse , quand elle serait juste. L’écrivaincensuré aurait peut-être plus d’égard aux leçons qu’on a voulului donner, si, comme dit encore dans son langage énergiquel’auteur des Essais,. on n’y avait procédé d’une trogne trop im-périeusement magistrale.

Non content de sa réponse honnête à La Faye , La Mottesaisit avec empressement une occasion publique de témoignerà son antagoniste , que deux hommes de lettres estimables peu-vent différer de goût et d’avis sans cesser d’être équitables l’unà l’égard de l’autre. A la réception de La Faye , il désira defaire les fonctions de directeur ; et, quoique accablé dès lors desinfirmités qui, peu de temps après, l’enlevèrent aux lettres,il se chargea avec plaisir de faire l’éloge de son adversaire ,demeuré son ami. Le discours qu’il prononça dans cette cir-constance est un modèle si parfait d’urbanité , d’élégance et definesse , que nous croyons devoir le rapporter ici presque enentier. En honorant la mémoire de La Motte et de La Faye, ilsuppléera dans l’éloge de celui-ci à ce que nous aurions ditbeaucoup plus faiblement de son mérite académique et person-nel. Quelles qualités , dit La Moite à La Faye , ne siqpose pasen vous le choix de VAcadémie, après la perle de M. de Ea-lincourt? On remarquera en passant que M. de Yalincourl,partizan zélé des anciens , adorateur de Despréaux et de Racine,et par cela seul, très-peu favorable à La Motte , venait d’êtreloué par lui dans le même discours, avec autant d’équité queva l’être La Faye lui-même. La Motte continue, en s’adressantà son nouveau confrère: «Il faut, monsieur, subir la loi de» l’usage ; il a établi pour chaque académicien deux jours deî> louanges , qui ont tous deux leur inconvénient : nous sommes» trop présens aux premières, et les secondes ne nous touchent« plus. Tout votre ami que je suis , je ne saurais vous ménager :>> je suis chargé des sentimens d’une compagnie qui s’applaudit