i iB ÉLOGE
peint encore M. de La Faye avec une grâce qui n’ùtc rien à laressemblance :
Il a réuni le méritéEt d’Horace et de Poltion,
Tantôt protégeant Apollon,
Et tantôt marchant à sa suite :
II reçut deux présens des Dieux,
Les plus charmans qu’ils puissent faire :
L’un était le talent de plaire ,
L’autre, le secret à!être heureux.
Qu’il serait ÿ souhaiter, pour la mémoire de tous les acadé-miciens dont nous avons à faire l’ëloge, que Voltaire s’en futainsi charge pour nous, et que leur portrait eût été tracé parun si grand peintre I
NOTES.
(i) Nous avons du poëte Roi, outre ses opéras , deux volumes in- 8°.de poésies aussi inconnues que celles de Gacon; et sur près de vingtopéras qu’il a faits, il n’y en a guère que deux qui méritent d’être citésavec éloge , les Elémens et Callirhoé. Il est vrai qu’il y a dans le pre-mier des morceaux et même des scènes admirables ; celle d'Ixion et deJunon, et celle de Vertumne et Pomoiie. Nous avouerons aussi queCallirhoé, malheureusement tropjfaiblc pour la musique, est un desplus beaux ouvrages que la scène lyrique ait produits , et que le cin-quième acte , en particulier, serait même , au Théâtre-Français, un actede tragédie du plus grand effet; l’intérêt y est si touchant et si vif, quetout divertissement mis à la suite de cet acte , ainsi que du cinquièmeacte à'Atys , devient d’une froideur et d’une insipidité qui, depuis long-temps , ne permet plus d’en courir le risque au théâtre. Mais ni les Elé-mens, ni Callirhoé n’autorisaient fauteur de tant d’autres mauvais versà mépriser si durement La Motte , dont les succès à l’opéra n’étaient pasinférieurs aux siens , et qui, tout faible versificateur qu’il était, avaitpourtant encore moins mal réussi que le poëte Roi dans plusieursgenres.
(■i) Montaigne devait cette pensée à Sénèque, (pii la devait lui-mêmeau philosophe Cléanthe , comme on peut le voir par le passage suivant :Nam ut dicehal Cleanlhes , quemadmodum spiritus noster clarioremsonum reddit, cùm ilium tuba per longi canalis angustias tractum,patentiore novissimè exitu effudit ; sic sensus noslros clariores car-minis arcta nécessitas ejpcit. Séneq. épît. 108.
Un ancien poëte, nommé Jean-Baptiste Chassignet, aujourd’huitrès-peu connu , qui n’a guère fait que des-paraphrases de psaumes,et des sonnets sur la mort, a traduit ce passage dans la préface de scs.œuvres, à très-peu près de la même manière que Montaigne. La supé-