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NOTES SUR L’ELOGE
Nous avons dit que La Faye préféra la littérature agréable auxsciences sérieuses. Il n’avait nullement cultivé ces dernières; peut-êtremême , à force de les ignorer, méritait-il le reproche de n’en pas faireassez de cas. Mais si cette manière de penser était peu digne d’un phi-losophe, il avait au moins la bonne foi d’en convenir, et le mérite del’exprimer avec les grâces d’un homme du monde. Un jour qu’on luimontrait un gros ouvrage sur l’histoire naturelle des insectes : Je ne mesoucie nullement, dit-il, de savoir à fond Vhistoire de tous ces gens-là ; il ne fout pas s’embarrasser des personnes avec qui on ne peutjamais vivre.
(4) La distribution de la gloire ne sé fait pas aux artistes de la mêmemanière qu’aux gens de lettres. Dans la littérature , quelques réputationssont usurpées ; dans les arts, elles ne le sont jamais ; et il n’est aucunartiste célèbre qui ne soit plus ou moins digne de sa renommée. Il estrare aussi qu’un bon écrivain , même lorsqu il n’a fait qu’un seul ou-vrage , n’obtienne pas l’estime qu’il mérite; mais il arrive plus souventqu un excellent artiste, lorsqu’il a peu travaillé, n’est pas aussi célébréqu’il devrait l’être, quelquefois même reste inconnu. L’Italie et laFlandre sont pleines d’excellens tableaux, dont les auteurs, ou peulaborieux, ou morts jeunes, sont presque entièrement ignorés. Ecou-tons là-dessus M. Algarotti, dans son Essai sur la peinture. «On» peut voir chez les artistes de nos jours, la vérité de ce que disait» Vitruvè des anciens artistes. Si Nicomaque et Aristomène n’ont pas» été aussi célèbres qu’Apelle et Protogène ; si Chion et Pharax n’ont» pas eu autant de réputation que Polyclète ou Phidias, cela ne vient» point de leur peu de talent, mais du caprice de la fortune. Alphonsea de Ferrare et Antoine Begarelli éprouvèrent le même sort ; ils furenta presque inconnus. Cependant l’un , dans ses modèles , égale Michel-a Ange , qui dit de l’autre en voyant quelques uns de ses ouvrages ; Sia cette terre se changeait en marbre, malheur aux statues antiques-a Alexandre Minganti était appelé par Augustin Carraehe, le Michel-a Ange inconnu. Prosper Clément de Modène a vécu dans la mêmea obscurité ; on voit pourtant dans le souterrain de la cathédrale dea Parme , un mausolée de la maison Prali, que ce sculpteur a exécutéa dans la dernière perfection. Les deux femmes qui y sont représen-a tées , sont si touchantes, leur attitude est si noble, et l'expression sia tendre , qu'il n’est personne qui ne veuille pleurer avec elles. Si, para la noblesse de sa manière , Algardi mérita le nom de Guide desa sculpteurs , Prosper Clément, par ces grâces tendres et naïves , para cette délicatesse qu’il a su donner au marbre, ne devrait-il pas êtrea appelé le Cortège ?
a 11 arrive aussi très-communément que des maîtres ordinaires se•> surpassent quelquefois, et alors ces ouvrages remportent sur les» productions médiocres des plus grands artistes. Nous on avons une■> preuve dans le tableau de la Nativité de la Vierge , qui est à l’Annon-■■ dade de Pisloic. C'igolt, qui eu «d'auteur, a si bien ménagé ses