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DE LA FAYE.
» teintes, si bien conduit son pinceau , et' si bien distribue ses jours , •» qu’il est fort supérieur dans cet ouvrage à de célébrés peintres lom-» bards. Il y a dans la cathédrale de Venise un tableau de Belluzzi,
» qui produit un si grand effet de clair-obscur ; et dans le réfectoire» des moines de Saint-Jean de Verdara, à Padoue, Verotari en a fait» un où l’on voit un si beau mélange de couleurs et un accord si parlait,
» que , pour être mis au rang des morceaux les plus excellens d’Italie,
» il ne manque à ces deux ouvrages que d’être faits par des artistes d un» nom plus connu. » Mais ce qui est également commun dans les artset dans les lettres, c’cst que toutes les productions d’un écrivain et d’unartiste célèbre ne sont pas égales, et que l’un et l’autre ont quelquefoislaissé échapper de leurs mains, des ouvrages peu dignes de leur nomet de leurs chefs-d’œuvre. Ce mélange de bon et de mauvais dans lesgrands écrivains et les grands artistes, est l’écueil du jugement et dugoût des prétendus amateurs. Un mauvais tableau est admirable poureux, s’il est bien ou mal à propos attribué,à quelque grand maître; ilsne regardent pas, et ils n’ont garde de voir ce que l’ouvrage est enlui-même; ils demandent seulement le nom de l’auteur. D’habiles gensmême , aveuglés par la prévention , y sont quelquefois trompés , commela société du Temple le fut au sujet d’une fable de La Motte. ( Voyezl’éloge de cet académicien. )
ÉLOGE DE LA MOTTE \
Antoine Houdart de La Motte fit ses premières études chez lesjésuites, qui ont si bien mérité de la littérature par leurs ta-lens et par leurs ouvrages ; heureuse société , si elle avait su secontenter de cette gloire! La Motte conserva toujours avec elledes liaisons, soit de reconnaissance, soit de politique; car alorsles jésuites étaient redoutables , et la foudre, qu’ils ont défiée silong-temps , dormait encore.
Après ses humanités , il étudia , comme beaucoup d’autreshommes célèbres, pour être avocat , et s’en dégoûta bientôtcomme eux (i). Quelque estime qu’il eût pour une profession sinoble et si utile, la littérature , en lui présentant des objets plusanalogues à ses talens , lui offrait encore une récompense plusflatteuse ; l’écrivain qui ne concentre pas dans l’enceinte destribunaux son génie et sa renommée , et qui sait intéresser parses ouvrages tous les siècles et toutes les nations , est estimé ,
o Antoine Houdart de La Motte, né ti Paris le 17 janvier 1672 ; reçu leo tevrier 17,0, ] a place de Thomas Corneille; moitié 26 décembre