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Tome troisième.
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heureux ; mettant enfin dans sa. lecture cette espèce de ponc-tuation délicate, qui fait sentir les différens genres de méritepar des inflexions aussi fines que variées; mais surtout évitantavec le plus grand soin cette emphase qui révolte l’auditeur envoulant forcer son suffrage , et qui manque son effet en cher-chant à l’augmenter.

La Motte avait un esprit si propre à se plier à tout, qu’il étaitmeme théologien quand il le voulait (20). II a fait jusqu’à desmandemens d’évêques, à qui, comme de raison, il a bien gardéle secret, et qui ont encore eu plus de soin de le lui garder; maissa touche et sa manière le décelaient malgré lui. Nous dirons ici,en passant, qu’il a été de même l’auteur tacitede plusieurs antresécrits que ses ennemis auraient déchirés, s’ils en avaienlconnu levéritable père, mais dont le père adoptif et putatif recevait leurs,précieux hommages. La Motte aurait pu leur répondre , commecette tête qu’un artiste avait fait passer au travers d’un tableau, etque les suprêmes juges en peinture trouvaient très-peu ressem-blante : messieurs , c’est moi-même. Il racontait à cette occa-sion qu’un de ces malheureux écrivains , qui font trafic d’élogeset de satires, un de ces hommes condamnés à vivre des grossiè-retés périodiques qu’ils imprimaient contre lui, avait eu lamaladroite équité de louer beaucoup un écrit dont il 11e lecroyait pas l’auteur ; et que détrompé bientôt d’une méprise sicruelle , il n’avait pu s’empêcher de s’écrier avec la bassesse laplus naïve : ah ! si je l’avais su plus tôt ! exclamation qui a étérenouvelée plus d’une fois dans des cas semblables, par des hom-mes dignes de la répéter.

Ce malheureux genre de satire, dont notre académicien avaitété si souvent l’objet, est presque le seul où il ne se soit pointexercé ; la douceur et l’honnêteté de son caractère lui interdirentconstamment cette ressource banale et odieuse de la médiocritéjalouse. Il n’aurait pourtant tenu qu’à lui de se la ménager avecavantage. On peut voir, parla réponse pleine, de sel qu’il a faiteà une critique injurieuse de son Ballet des Arts, qu’il auraittrès-bien réussi, s’il l’avait voulu, dans ce genre facile et mé-prisable. La critique à laquelle il répondait était de Le Noble ,qui , décrié dans la littérature par ses détestables rapsodies, etflétri par la justice dans une affaire criminelle, aurait eu tantde raisons de se tenir dans le silence , si l’expérience ne prouvaitque l’impudence est le misérable asile des écrivains les plus faitspour se taire. La Motte , en lui infligeant la punition qu’il mé-ritait , et en se vengeant cette seule fois de sa vie , imita sur cepoint le bon La Fontaine, qui ne fut, connnç lui, méchantqu’un seul jour , pour se venger de Lully. Il fut même plus mo-