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trouvé bien plus qu’au second. Puisse cet exemple de charitéphilosophique servir de leçon à ces hommes d’esprit durs etintraitables , dont l’orgueil intolérant repousse les sots avec unemorgue humiliante, qui en les éclairant inhumainement sur cequ’ils sont, leur laisse toujours assez de génie pour chercher ettrouver le moyen de se venger !
NOTES.
(r) Quelque estime qu’il eût pour une profession si libre et si noble,il en fut dégoûté par la même raison qui a rebuté tant d’autres gens delettres par l’aridité des études que cette profession exige ; il se sen-tait d’ailleurs appelé à une autre gloire que celle de servir le plussouvent d’organe à l’intérêt ou à la méchanceté des hommes, sousprétexte d’être celui de l’innocence et de l’équité. Il ne pouvaitentin se dissimuler que la plupart des plaidoyers dont les voûtes dupalais retentissent, très-intéressans pour les parties, médiocrementpour les juges, et très-peu pour tout ce qui n’est ni l’un ni l’autre,ne franchissent guère le cercle étroit où on les débite ; à peine s’enéchappe-t-il un petit nombre, que l’éloquence de l’orateur arrache,pour ainsi dire, à cette enceinte , et n’y arrache même que pour quel-ques momens; tandis que l’homme de lettres est au contraire, si nouspouvons parler de la sorte, un écrivain cosmopolite , fait pour tousles temps et pour tous les lieux. Un ancien philosophe, peu favo-rable à la royauté, prétendait, sans doute dans un moment de mau-vaise humeur, qu’il y avait loin du meilleur des rois au meilleur deshommes. La Motte était persuadé, nous ne décidons pas si c’était avecraison, qu’il y avait presque aussi loin, sinon pour le mérite, aumoins pour la célébrité, du premier des avocats au premier des gensde lettres ; il eût sans doute applaudi à ces vers si connus de la Métro-manie :
L’avocat se peut-il égaler au poète?
De ce dernier la gloire est durable et parfaite,
Il vit long-temps après que l’antre a disparu,
Scarron même l’emporte aujourd’hui sur Pairu.
Une des raisons, disait encore La Motte, qui, parmi beaucoupd’autres, m’a dégoûté du barreau, c’est la réponse qu’un célèbreavocat de mon temps lit un jour en ma présence au premier présidentde Lamoignon. Ce magistrat lui demandait pourquoi il se chargeaitsi souvent de causes détestables : C'est , répondit-il, quej 'en ai tropperdu de bonnes, et trop gagné de mauvaises.
(2) Il donna cette pièce en 1693, à l’âge de vingt-un ans. Elle avaitpour titre : les Originaux ou Y/talien ; c’était une pièce moitié ita-lienne, moitié française, eu trois actes, avec un prologue et undiver-