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decisions au publie; mais le rapporteur qui signe un arrêt n est pasobligé d être de l’avis des juges, tën voilà assez sur ce sujet, sur lequelmême je crains d’en avoir trop dit ici.
(5) A l’occasion de ces réflexions , que nous prions de relire, noustranscrirons ici le passage suivant des Parallèles de Charles Perrault.
« QuandQuinault, dit-il, vint à faire des opéras , un certain nombre» de personnes de beaucoup d’esprit et d’un mérite distingué, semi-» rent en tête de les trouver mauvais , et de les faire trouver tels par» tout le monde. Un jour qu’ils soupaient avec Lully , iis n omirent» rien pour le dégoûter de la poésie de Quinault; mais comme ils» avaient affaire à un homme lin et éclairé , leurs stratagèmes ne» firent que blanchir.
w Un des convives m’ayant rendu compte de cette conversation,« je lui demandai ce que ces messieurs trouvaient tant à reprendre» dans les opéras de Quinault. Ils trouvent, me dit-il, que les pensees» ne sont pas assez recherchées ; que les expressions dont il se sert sont» trop communes et trop ordinaires, et enfin que son style ne consistej> que dans un certain nombre de paroles qui reviennent toujours. Je» ne suis pas étonné , lui répondis-je, que ces messieurs , qui ne savent» ce que c'est que musique , parlent de la sorte / mais vous, monsieur ,» qui la savez parfaitement , et qui en connaissez toutes les finesses, ne» voyez-vous pas que si l'on se conformait à ce qu'ils disent, on ferait» % des paroles que les musiciens ne pourraient chanter , et que les audi -» teurs ne pourraient entendre ? Quelque naturelles et communes que» soiejil les pensées et les paroles d'un air, on en perd toujours, ou» presque toujours quelque chose , surtout au spectacle. Que serait-ce si» ces pensées étaient bien subtiles et bien recherchées , et si les mots» qui les expriment étaient des mots peu usités , et de ceux qui rCentrentw que dans la grande et sublime poésie? on n'y entendrait rien du tout.» Ainsi on blâme Quinault par Vendroit ou il mérite le plus (Hêtre loué,» qui est (Havoir su faire, avec un certain nombre d'expressions ordi-» naires et de pensées fort naturelles, tant d'ouvrages si beaux et si» agréables, et tous si diffêrens les uns des autres. Aussi voyez-vous que» Lully ne s'en plaint point, persuadé quilne trouvera jamais depa-» rôles meilleures à être mises en chant et plus propres à faire paraître» la musique. La vérité est qu’en ce temps-là j’étais presque le seul à» Paris qui osât se déclarer pour Quinault, tant la jalousie de plusieurs» auteurs s’était élevée contre lui, et avait corrompu tous les suf-
fragesde la cour et de la ville 5 mais enfin j’en ai eu satisfaction.» Tout le monde lui a rendu justice dans les derniers temps ; et ceux» qui le blâmaient le plus, ont été contraints de l’admirer après avoir» reconnu qu’il avait un génie particulier pour ces sortes d’où-» vrages. »
Quoi qu’en dise Perrault à la fin de ce passage , il ne faut pas croireque Quinault, même dans les derniers temps de sa vie, ait joui sanscontradicteurs de la réputation qu’il méritait. La manière dont De; «préaux parle de son talent pour le genre lyrique, dans une des ri-marques sur Longin, prouve qu’en rendant à ce talent quelque justice,