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NOTES SUR L’ÉLOGEcontre La Motte un sonnet qui était de ce dernier genre. Dufresni,dans le temps qu’il faisait le Mercure $ en proposa de singuliers, et quilurent très-heureusement remplis par ces vers si connus :
Toi, dont les ans sont les deux tiers de trente, etc.
Ils le furent peut-être plus heureusement encore par ces vers moinsconnus qu’on envoya à Dufresni.
Contre un louis j’en gage
trente
Que tu ne vendras pas
’qnaran te
Fxemplaires dit livre
tien ;
La beurrière a déjà le
mien.
De colporteurs plus de
cinquante
Avaient des paquets de
soixante ;
Chacun croyait vendre le
sien,
Les pauvres gens n’ont vendu
rien.
Toi qui d’ans as plus de
septante,
Tu pourrais en vivre
nonantc,
Qu’ayant ton livre pour tout
bien,
Tu vivrais toujours comme un
chien.
Les bouts-rimés sont aujourd’hui passés de inode, comme les pan-tins et beaucoup d’autres sottises ; mais tel poêle de nos jours qui neparlerait qu’avec mépris des bouts-rimés, en a fait souvent sans lesavoir.
Quoique les bouts-rimés de La Motte ne vaillent pas ceux que nousvenons de citer, nous croyons pouvoir les rapporter ici, pour amuserun moment les lecteurs d’un goût peu difficile, qui prennent encorequelque plaisir à ces petits tours de force poétiques.
Insensé! qu’ai-je fait? demain à laPeut-être par ma chute il faut payerDéjà l’âpre critique en murmuresContre ses noirs desseins , où chercher monQuel fil me tirera de ce fâcheuxMe verrai-je demain près ou loin de monJe ne sais; mais, hélas! durant tout 1’
Je suis plus agité que ne l’est
O gloire! bruit flatteur, séduisant
J’ai consumé pour toi l’un et l’autre
Fais qu’un lot fortuné tombe à mon
Il faut que le public ou m’élève ou me
S’il veut bien m’applaudir , je me tiens plus qu’un
Mais s’il va me siffler , que deviens-je?
cabale,tribut ;s’exhale,salut?dédale ?but?
intervalle,Belzébut.paradoxe,équinoxe ;numéro :lape :pape ;zéro.
Nous oserons encore, etpar les mêmes raisons, joindre à ce sonnetcelui dont nous avons parlé, et qui fut fait contre La Motte sousd’autres bouts-rimés , dont la suite formait un sens. Cette note varessembler un peu aux bigarrures du sieur des Accords ; mais elle seradans notre ouvrage la seule de son espèce.
Houdart, avant le temps où son oeil se voila ,
Vit la Trappe, et bientôt sur cheval Isabelle,
il revint, lit des vers, qu’on mit en a-mi- la;
Aux satiriques traits, c’était la donner belle.