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Tome troisième.
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162 NOTES SUR L’ÉLOGE

autres, des fables isolées, ne sont guère faites pour avoir une exis-tence durable ; la seule comédie de ce genre qui soit restée au théâtre,est celle d 'Esope à la Cour, parce qu’il y a du moins dans cette pièceune espèce de sujet et quelques scènes intéressantes.

Quand nous avons dit, dans l’éloge de La Motte, que la voix publiquen’a placé encore aucun fabuliste entre La Fontaine et lui, nous n’igno-rions pas que certains aristarques, dont la voix n’est pas la voix pu-blique , ont essayé de placer dans cet immense intervalle différensfabulistes, suivant leur goût ou leurs intérêts. Celui à qui ils ontessayé le plus long-temps d’assurer une place après La Fontaine, àla vérité dans une grande distance, car ces aristarques se piquentsurtout de justice, est le fabuliste Richer, dont les fables , après avoireu cinq ou six éditions , sont aujourd’hui complètement oubliées.L’abbé Desfontaines était l’ami de ce fabuliste et l’ennemi de La Motte;il célébrait Richer dans toutes ses feuilles; et comme ses feuillesétaient fort lues et fort goûtées dans tous les collèges , tous les régensfaisaient acheter et apprendre à leurs disciples les fables de Richer.Enfin Richer et Desfontaines sont morts, et on ne lit pas plus aujour-d’hui les fables de l’un que les feuilles de l’autre. Mais ce qui paraîtraincroyable, c’est que le père Desbillons, jésuite, auteur d’un volumede fables latines, où il a prétendu lutter contre Phèdre, met au-dessusde La Motte, dans la préface de ces fables, non-seulement le froid etinsipide Richer, mais je ne sais quel Louis-Alexandx-e Le Brun , mort,dit-il, à Paris en vj[p> ; écrivain dont le nom, les fables , la vie et lamort ont été également ignorés.

On peut citer beaucoup de vers des fables de La Motte ; en voiciquelques uns des plus remarquables. Si l’on n’y trouve pas toujoursle poète, au moins on y voit toujours l’écrivain penseur et philo-sophe. Nous omettons un très-grand nombre d’autres vers dont on nepourrait sentir la linesse et l’à-propos qu’en lisant la fable où ils sontplacés.

Vive des passions l’éloquence soudaine !.

C’est providence de l’Amour

Que coquette trouve un volage.

Parce qu’Alexandre s’ennuie,

Il va mettre le monde aux fers.

Eh! l’ami, qui te savait là ? dit le boeuf au cironqui fait l’important...

Dans l’Egypte jadis toute bête était dieu ,

Tant l’homme au contraire était bête.

Lui dieu, dit le chat aux Egyptiens , en parlant d’un rat :

Lui dieu ! vous vous moquez, votre erreur est étrange;

Qui suis-je donc , moi qui le mange ! .

Leçon commence, exemple achève.

Nous devons tous mourir , je le savais sans vous,

Vous n’apprenez rien à personne :

Je veux un vrai plus fin , reconnaissable h tous,

Et qui cependant nous étonne;